Toujours prompts à repomper les grands succès du cinéma américain entres les années 60 et 80, les producteurs de séries B italiennes auront su tirer profit de cet opportunisme en fabriquant à moindre cout, de pâles copies néanmoins lucratives , aujourd’hui majoritairement considérées comme de gros nanars.
Un statut péjoratif qui leur permet toutefois de garder une base de fans absolus aidant à ce pan particulier du cinéma de toujours connaitre une certaine «gloire» de nos jours.
«Les Guerriers du Bronx» fait sans conteste partie de ces films fauchés, ersatz de plusieurs «classiques» du bis US, qui provoquent toujours autant de fascination auprès des amateurs.
Le célèbre artisan du cinéma d’exploitation italien, Enzo G. Castellari que l’on a connu largement plus inspiré, va ici construire son film en empruntant tout ce qui a fait le succès de «New York 1997» de John Carpenter et surtout des «Guerriers de la Nuit» de Walter Hill auquel il repompera en grande partie, la trame.
Ajoutez-y quelques références pop de «Orange Mécanique» et SM de «Mad Max» et vous obtenez ce film hallucinant de drôlerie involontaire à défaut d’être ultra divertissant.
Drôle par le sérieux ridicule que veut insuffler Castellari à un script débile et invraisemblable (que dire de l’esthétique ringarde et kitch de l’ensemble). Drôle par la mise en scène lourdingue des (rares) scènes d’actions emballées avec beaucoup de nonchalance et de certaines séquences inénarrables mais surtout drôle grâce à son casting porté par celui qui deviendra le symbole des «acteurs» les plus mauvais du cinéma d’exploitation italien.
On parle bien sûr de Mark Gregory, alias Marco di Gregorio. A la fois inexpressif au possible et impayable dans sa façon inhabituelle de se tenir (l’expression : avoir un balais dans le derrière prend toute sa signification chez lui), il provoque le rire à chacune de ses apparitions. Difficile de le prendre au sérieux en chef de bande incorruptible tant il dégage à ce point un tel ridicule.
Autour de lui, on retrouve tout de même quelques sérieux seconds couteaux américains, habitués des productions fauchées transalpines : Fred Williamson, Christopher Connely ou Vic Morrow. Malheureusement, aussi inspirés que leur réalisateur (qui fait une apparition ici), ils ne se contentent que de cabotiner jusqu'à plus soif, participant activement à la piètre impression qui se dégage de l’ensemble.
Défendu corps et biens par les bisseux les plus irréductibles comme l’un des meilleurs films du genre, «Les Guerriers du Bronx» n’est finalement qu’un produit d’exploitation nanardesque tout ce qu’il y a de mauvais. Plutôt lent et mou, on s’ennuie quand même pas mal devant ce spectacle fauché (tourné entre Rome et NY) et involontairement comique.
A voir au 50ème degré pour apprécier un minimum ce film d’un autre temps.