Devant le gros succès en Italie, mais également à travers le monde, de Les Guerriers du Bronx premier du nom, il n’aura pas fallu attendre longtemps pour qu’une suite voit le jour. C’est donc en 1983 qu’arrive Les Guerriers du Bronx 2, toujours produit par Fabrizio de Angelis, toujours réalisé par Enzo G. Castellari, toujours avec le monolithique Mark Gregory en guise de héros, toujours avec le même genre de scénario parce que pourquoi changer une équipe qui gagne ? Bon, on perd le génial Fred Williamson, son personnage étant malencontreusement décédé dans le premier film, mais on gagne l’excellent Henry Silva, un habitué des rôles de méchants dans le cinéma d’exploitation, mais aussi Giancarlo Prete, le héros de Les Nouveaux Barbares, sorti lui aussi en 1983 et réalisé par … Enzo G. Castellari bien entendu. Est-ce que ce deuxième volet est aussi fun que le premier ? Clairement ! Mais d’une autre façon.


Les Guerriers du Bronx fait d’ailleurs parfois quelques références au premier film, comme ce reste du clan des « majorettes », dans un scénario où le Bronx doit être rasé pour y construire un nouveau quartier tout neuf, avec des habitants qui sont déportés, voire exterminés s’ils ne quittent pas les lieux. Trash, le héros du premier film, va prendre la tête de ces pauvres gens du Bronx et mener la révolte, aidé par une journaliste qui trouve les méthodes des exterminateurs honteuses. Le scénario est souvent absurde, l’histoire encore plus oubliable que dans le premier film, mais au final ce n‘est pas bien grave car ce n’est clairement pas ce qu’on va regarder dans un tel film. Mark Gregory reprend donc son rôle, sa longue chevelure bouclée, son goût vestimentaire gouteux, ainsi que son mauvais jeu d’acteur. Il a vieilli d’un an, mais il ne semble pas avoir pris des cours d’acting et, à l’instar du premier film, il est incapable de jouer une quelconque émotion correctement, se contentant parfois de fixer un point au loin pour avoir l’air concentré. Il semble se donner à fond hein, mais il fait ce qu’il peut avec les moyens qu’il a, et ils ne sont pas bien grands. Mais sa voix VF apporte un plus indéniable pour les amateurs de nanars puisqu’on a collé à ce jeune homme de 18 ans lors du tournage la voix hyper grave de Sylvester Stallone. Lorsqu’il ouvre péniblement la bouche pour balancer ses répliques, c’est quelque chose ! Les personnages sont souvent assez loufoques, et même lorsqu’ils semblent à peu près normaux (la journaliste par exemple), c’est leur jeu qui est over the top, parfois hystérique, les rendant tout aussi loufoque que s’ils étaient fringués n’importe comment, comme les petits copains. Etrangement, le côté futuriste que le film propose n’est présent que dans le Bronx, et on remarque parfaitement dans les arrières plans que le reste de la ville de New-York semble tout à fait normal, tout à fait contemporain. Parce que oui, nous sommes ici dans un tout petit budget, et il n’y avait pas le pognon pour faire autrement.


Les décors à moitié détruits de certains vieux quartiers de New-York font un excellent décor pour le film mais c’est à peu près la seule chose qui tient la route visuellement. Les costumes ont été fait avec tout ce qui a pu être trouvé dans les boutiques aux alentours : chapeau melon doré, chemise hawaïenne, pantalon de cuir moulant, cache-œil, bandana, casques divers et (a)variés, petit haut en lin, tenue de chasse, … Tout est bon pour habiller les divers figurants du film. Les exterminateurs ne sont guère mieux. Certes, ils ont l’avantage d’avoir tous le même accoutrement, mais il vaut quand même son pesant de cacahuète. Casque de moto plein de buée, tenue intégrale couleur aluminium. Là où le film diffère de son prédécesseur, c’est qu’il est bien plus généreux en action et hormis quelques moments plus calmes, ce jeu de chat et de la souris dans un quartier en ruine est rempli d’action où les balles fusent, où les explosions sont nombreuses (car Castellari adore ça), où les corps sont enflammés, le tout dans une mise en scène finalement pas si pire parce que Castellari cherche à styliser ses affrontements. Les ralentis sont placés un peu partout dès qu’il y a quelque chose d’impressionnant à l’image et même si Castellari a avoué qu’il n’avait pas envie de faire ce film au départ et que c’était uniquement commercial, il fournit suffisamment de mise en scène pour donner à l’ensemble un minimum de tenue. Le kill count du film est d’ailleurs assez énorme puis qu’on dénombre 110 morts dans des fusillades, 40 dans des explosions, 9 par des lance-flammes, 1 par arme blanche, 1 mort hors champ, 4 inconnus, 6 électrocutions, 2 frappés au visage avec un casque et 1 visage transformé en bouillie rouge après avoir été frappé par la crosse d’un fusil de chasse. Oui, quand Castellari décide de faire dans le généreux, il se lâche complètement.


Les Guerriers du Bronx 2 est une œuvre très divertissante du cinéma d’exploitation italien du début des années 80, pour peu bien entendu que vous soyez sensible à ce genre de mauvais film sympathique. Un bon petit nanar, supérieur même au premier film.


Critique originale avec images et anecdotes : https://www.darksidereviews.com/film-les-guerriers-du-bronx-2-de-zneo-g-castellari-1983/

cherycok
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le 29 juin 2025

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