Au FESPAC0 (Festival de cinéma et de télévision), à Ouagadougou, Les Invertueuses de Chloé-AÏcha Boro a suscité des réactions pour la plupart violentes. "Vous devriez avoir honte de montrer le désir d'une femme de 65 ans", a-t-on reproché, en substance, à lé réalisatrice burkinabé, qui avait mis plus d'un an pour trouver son actrice. Celle-ci, d'ailleurs, a dû quitter le pays. Ceci montre que l'émancipation féminine a encore bien des territoires à conquérir, et pas seulement en Afrique, bien évidemment. Ceci dit, l'autre personnage principal du film, une jeune fille à la recherche de son identité, n'a sans doute pas beaucoup plu, non plus, aux contempteurs des Invertueuses. Cette relation entre l'adolescente et sa grand-mère amoureuse reste cependant la plus belle idée du long métrage, auquel on reprochera principalement une lenteur trop marquée qui amenuise l'impact de certaines scènes, pourtant très belles. Sur un autre plan, la cinéaste évoque assez clairement le péril constitué par les groupes armés islamistes et un état de guerre presque permanent qui met en suspens la démocratie. Il faut du courage pour tourner et présenter un tel film dans "le pays des hommes intègres" où être une femme libre, quel que soit l'âge, paraît relever de la plus pure utopie, hélas.

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le 25 août 2025

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