Cronenberg fait parti de cette catégorie de réalisateurs dont je défendrais toujours le travail bec et ongles. Il a cette vision, cette empreinte qui fait que chacune de ses œuvres, même les plus faibles, ont "ce truc" qui les rendent uniques. Pour moi, un Cronenberg, même mauvais, reste toujours intéressant à regarder.
Mais là, franchement, que dire ? Même lui ne semble pas y croire.
C'est vain, poussif, inutilement complexe, et d'une platitude accablante. L'idée de base sur lequel repose tout le film n'est jamais exploitée de façon intéressante. Pourquoi nous avoir pondu cette ersatz d'enquête parfaitement ridicule ? Pourquoi avoir donné une telle direction à ce projet ? Il y avait tant d'autre chose à faire au regard des thèmes abordés (le deuil, le besoin de s'approprier le corps de l'être aimé), et je pense que le Cronenberg d'il y a 30 - 40 ans nous aurait offert une vision autrement plus intéressante de cette histoire.
Même ses obsessions habituelles sur le corps humain sont ici incérées au chausse-pied, comme s'il s'agissait d'un engagement contractuel pris avec le spectateur. Il n'y croit pas et n'y prend aucun plaisir. Cronenberg se caricature lui-même et c'est bien triste à voir.
Les effets numériques sont laids, toutes les discussions avec l'IA sont parfaitement ridicules, et que dire de ces "plans" sur des vidéos diffusées sur tablettes ? Une fois, ça passe. Au bout de la cinquième par contre, on est en droit de se demander si Cronenberg en avait simplement quelque chose à foutre de réaliser ce film.
Du haut de ses 82 ans, la passion semble avoir l'avoir quitté. A l'inverse d'un Coppola par exemple, dont le dernier film est tout aussi raté, mais qui garde en lui une flamme indéniable.