S'attaquer à une œuvre comme Les Misérables nécessite forcément quelque chose d'ambitieux. Et cette ambition se décline ici en près de 5 heures qu'on ne voit pas passer.
Certes quelques événements de la vie de Valjean sont mis de côté, mais c'est pour mieux se concentrer sur le cœur récit.
La restauration est soignée et permet de profiter pleinement des trouvailles visuelles de Raymond Bernard, notamment lors des ellipses temporelles ou des transitions.
Côté casting, Harry Baur est absolument phénoménal en Jean Valjean: bourru au grand cœur, sensible et humain.
Les Thénardiers, joués par Charles Dullin et Marguerite Moreno sont délicieusement sordides, tandis que j'ai trouvé que Javert interprété par Charles Vanel manque un peu de ce fanatisme moral qui le rendait si effrayant dans le roman.
Le film prends un peu plus son temps dans le troisième acte, lorsqu'il est question des barricades et de Gavroche, gouailleur admirablement joué par Emile Genevois. La fin se permet une petite liberté, mais reste l'œuvre la plus proche du matériau original que j'ai pu voir.