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De triste noces
Un très bon Chabrol qui montre parfaitement la frustration d'un homme et d'une femme mal mariés, qui vont devenir des amants tellement passionnées l'un de l'autre qu'ils seront prêts à tuer leurs...
le 18 août 2016
J'hésitais beaucoup sur la note à mettre, car Les noces rouges fait partie de ces films que, deux jours après, je vois d'un meilleur oeil qu'au visionnage, le temps que ça se décante et que je comprenne mieux le projet.
Cela s'ouvre sur une citation d'Eschyle, questionnant la culpabilité d'Oreste. Cette citation n'est pas une simple afféterie. Déjà parce que Les noces rouges reprend des éléments de l'histoire d'Agammemnon, comme quoi les mythes sont éternels. Mais aussi parce que le théâtre, effectivement, aura une grande part dans l'intrigue.
Ce dispositif peut être vu comme une faiblesse du film, la diction très théâtrale donne un côté étrange, et celle de Claude Piéplu, principalement, est vite horripilante. Je me suis même demandé un moment s'il n'était pas censer singer un parler efféminé pour suggérer une attirance envers le personnage de Michel Piccoli. Ce qui incidemment m'a mis sur une voie que je n'aurais pas exploré, finalement cette histoire d'attirance pourrait ne pas être anodine, mais j'ai peur de surinterpréter.
Car j'ai l'impression de voir, dans le fait que Piéplu soit au courant de la liaison de sa femme avec Piccoli, autre chose que ce qu'il en dit : nous savons ce qu'il dit, pourquoi cela l'arrange, et c'est crédible. Mais si, incapable qu'il est, comme nous le savons assez tôt, de combler sa femme, il était attiré par Piccoli, et si la liaison que celui-ci entretient avec sa femme comblait d'une certaine manière un fantasme non avoué?
Mais je m'égare, je me pose des questions, après tout c'est pour cela que j'écris ces critiques, pour analyser ce que je ressens. Revenons donc au théâtre. La diction des acteurs permet plusieurs choses, outre rappeller la citation en exergue : par exemple, la façon qu'a Claude Piéplu de prendre la parole lors du spectacle de l'école, parole coupée nette car ce qui compte c'est de voir que c'est lui qui s'imagine sur scène, plus que les écoliers. La révélation de la fausseté des rapports : dans cet intérieur très bourgeois, la théâtralité des répliques révèle que tout ce qu'on voit n'est que fausseté, qu'il n'y a aucun moment où les époux se retrouvent vraiment.
C'est encore la citation du début qui viendra éclairer la fin : "ne soyez pas trop prompts à juger", nous dit Chabrol, pas sûr que ceux-là soient les vrais coupables. Mais si ce n'est pas eux, c'est donc les autres, la société? Car Les noces rouges est à l'évidence une charge contre la société bourgeoise, cela ne fait aucun doute. Et puis, la fin toujours, les étonnantes paroles de Michel Piccoli, quelle belle clôture pour le film!
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