LES NUITS BLANCHES DU FACTEUR (14,2) (Andrei Konchalovsky, RUS, 2015, 101min) :
Conte naturalise narrant la vie quotidienne des habitants des villages autour du lac Kenozero, coupés du monde, où chacun subsiste comme il peut, étant uniquement lié à la civilisation par le facteur Aleksey Tryapstin qui apporte le courrier, le pain, diverses marchandises à l'aide de son bateau à moteur. Une chronique de l'ordinaire quasi documentaire (tous les comédiens sont non-professionnelles et eux mêmes des habitants), visuellement somptueuse, qui nous embarque avec une langueur lyrique où la nostalgie de la grande Russie se confronte aux questionnements des âmes, où les rituels se mélangent avec la modernité qui s'immiscent insidieusement. Une ode bucolique magnifiée par un réalisateur à la poésie mélancolique, un voyage aux confins d'un monde disparaissant à petits feux, où la sorcière Kikimora rode sur les rives pour effrayer les enfants (scène sublime où le requiem de Verdi vient la chasser) et un chat noir représentant d'un passé douloureux vient hanter les nuits blanches du facteur...Une incursion cinématographique qui vaut le détour (avec ou sans...Moteur!).