Symétriquement opposé aux vanités fascinant Galia dans "Gloss", on retrouve un monde innocent déconnecté d'une certaine réalité objective, comme illustré face à un monde en guerre dans "La maison de fous", réalisé en 2002. Dire que le village est coupé du monde et hors du temps est un contresens il me semble du point de vue de Kontchalovski, lequel pense assurément que la véritable temporalité n'est pas celle impulsée par le monde moderne, saturé d'artifices. Etre au monde, au rythme de son expansion ontologique, est alors assimilé à la sobriété, au lien organique entretenu avec la nature, à la simplicité des liens tissés avec la communauté.
Reste que l'excursion fantasmagorique en barque par exemple (revitalisation et transmission d'une tradition superstitieuse à la nouvelle génération), alliée au portrait bucolique d'un mode de vie nécessairement plus spirituel (même si K. se garde bien de l'esquisser en soi avec manichéisme), ne fait qu'accentuer cette vision un peu réactionnaire du progrès, de l'accomplissement existentiel, lorsque opposé à la modernité hégémonique.
Mais sans doute faudrait-il en faire une lecture plus fine, avec une connaissance approfondie de ses autres films.