Fais comme l'oiseau
Ça vit d'air pur et d'sang frais, un oiseau
D'un peu de chasse et d'humains, un oiseau
Mais rien ne l'empêche, l'oiseau, d'manger tes yeux
Mais je suis seul aux USA
J'ai peur d'Esptein et de la gauche
J'ai peur de tout, des démocrates
J'ai peur du temps qui passe, dis
Comment peut on vivre aujourd'hui
Dans le bonheur et dans la paix
Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu
Fais comme l'oiseau
Ça vit d'air pur et d'sang frais, un oiseau
D'un peu de chasse et d'humains, un oiseau
Mais rien ne l'empêche, l'oiseau, d'manger tes yeux
Mais la guerre dont on m'a parlé
Cette guerre que l'on m'a chanté
Cette absence d'humanité
Je n'en vois pas la trace, dis
Comment peut on vivre sans elle ?
Sous quelle étoile, dans quel jacuzzi ?
Je n'y crois pas, je n'y crois plus, je suis perdu
Fais comme l'oiseau
Ça vit d'air pur et d'sang frais, un oiseau
D'un peu de chasse et d'humains, un oiseau
Mais rien ne l'empêche, l'oiseau, d'manger tes yeux
Mais j'en ai marre d'être roulé
Par des marchands de Prix Nobel
Et d'écouter se lamenter
Les gauchiasses du Congrès, dis
Est-ce que je dois lancer des bombes ?
Est-ce que je dois détruire l'Iran ?
Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu
Fais comme l'oiseau
Ça vit d'air pur et d'sang frais, un oiseau
D'un peu de chasse et d'humains, un oiseau
Mais rien ne l'empêche, l'oiseau, d'manger tes yeux
Bon et sinon.
Les Oiseaux, film emblématique d'Hitchcock s'il en est, a tout de même subi le passage du temps. Le film est considéré à juste titre comme le dernier grand Hitchcock, qui conclut une magnifique série de 4 films (avec Vertigo, La Mort aux trousses et Psychose, excusez du peu). Il relance temporairement la carrière de Tippi Hedren, qui aura encore le rôle principal dans le film suivant d'Hitchock, Pas de Printemps pour Marnie.
Le film est surtout (re)connu pour la maîtrise horrifique du maître. Faire (un peu) peur avec des oiseaux, c'est quand même fort ! Et même si les effets spéciaux étaient inévitables, des milliers de volatiles ont dû être dressés pour le film, pour un effet plus réaliste. Une scène en particulier est parfaitement construite : lorsque les corbeaux s'agglutinent lentement, comme si de rien n'était, au second plan, dans la cour de récréation avant d'attaquer sauvagement. Les scènes de calme (entre deux attaques d'oiseaux) sont paradoxalement les plus flippantes, et la fuite finale de la maison est à ce titre particulièrement stressante.
Toutefois, regarder le film 60 ans après sa sortie est une expérience étrange. On sent bien qu'Hitchock s'est lancé un défi, et ce film n'est que ça : un défi technique et cinématographique. Or, la technique a bien vieilli et tout paraît bien kitsch, au moins autant que l'intérieur de la maison familiale de l'histoire... Maintenant, provoquer la peur est si facile, et même des films anciens (mais postérieurs à Hitchcock) y arrivent bien davantage (The Shining). Le film laisse donc sur sa faim le spectateur du XXIe siècle. Surtout que le scénario est absolument naze : une meuf vient harceler un inconnu qu'elle vient de rencontrer, sûrement pour débuter avec lui une relation bien toxique, à Bodega Bay. Puis les oiseaux se mettent à attaquer (pourquoi ? osef) et c'est la panique (enfin pas trop, ça reste que des oiseaux hein, ils avaient pas des battes de baseball dans le patelin ?). La scène où Tippi Hedren se jette et s'enferme elle-même dans une pièce remplie d'oiseaux sanguinaires est vraiment ridicule, à deux doigts d'être la mort la plus stupide de l'histoire du cinéma. Sans parler de la fin ouverte, beaucoup trop facile à ce stade. Vraiment, le scénario n'était qu'un prétexte au défi technique que voulait affronter Hitchcock. Avec Les Oiseaux, vous n'irez pas au septième ciel.