Avec sa première partie filmée de façon à adopter un point de vue subjectif, ce film noir commence de façon extrêmement originale. Ainsi, le spectateur a littéralement l'impression d'être Humphrey Bogart, puisqu'il voit à travers ses yeux. Les personnages, plus ou moins louches, interagissent avec "nous" et cela devient vite amusant. En particulier quand Lauren Bacall nous accueille chez elle pour nous héberger (glurps), puis nous dévisage et nous fixe droit dans les yeux. Profitez bien, car le procédé permet d'admirer comme jamais le beau visage de l'actrice.
Contrairement à une première moitié qui se démarque pour la raison citée, la seconde est filmée de façon conventionnelle suite à une scène importante qui change la donne pour notre héros. Dès lors, Bogey, qui a su se faire attendre, apparaît enfin. L'intrigue se tourne alors vers une terrible histoire de chantage qui tient en haleine, même si celle-ci se conclue peut-être un peu trop facilement.
Les Passagers de la nuit est un très bon polar de Delmer Daves (Elle et lui, La Colline des potences), aussi efficace sur le fond qu'original dans la forme.