3e film de la série Bogart-Bacall, et clairement le moins réussi. Si l'on résumait les atouts de chacun cela donnerait à peu près ça :
-Le port de l'angoisse : la musique, l'intrigue.
-Le grand sommeil : les joutes verbales
-Key Largo : les personnages secondaires
et Les passagers de la nuit : la mise en scène.
Et d'ailleurs il est curieux de constater que la mise en scène est plutôt contradictoire, la première partie sur l'évasion de Bogart de sa prison filmée de façon subjective (très novateur à l'époque) donne lieu à la seconde partie où émergeant avec un nouveau visage il décide de trouver qui a vraiment tué sa femme, partie qui laisserait plutôt penser à un huis clos de théâtre. Le problème est qu'on n'y croit plus vraiment. La victime n'est qu'évoquée, et perd de sa consistance au fur et à mesure que l'intrigue avance, les relations entre les personnages sont peu compréhensibles et éludées (Lauren Bacall et son soupirant, comment Irène connaît-elle Madge ?...) et finalement à la fin il ne reste plus que Bogart, Bacall et surtout Agnès Moorehead (Endora de "ma sorcière bien aimée") qui donne brillamment et avec éclat les répliques les plus marquantes du film à un Humphrey Bogart qui malgré sa verve demeure bien plat face à elle. Ses expressions, sa moue, sa rigidité font merveille alors que le personnage sombre.
En définitive, le film est à voir pour son trio d'acteurs et son histoire préfigurant quelque peu "le fugitif".