Les Petites victoires justifie sa médiocrité par les petites gens qu’il représente, et recouvre son discours social d’une couche de miel des plus écœurantes à même d’agglutiner les cœurs sensibles, les bienveillances, les larmoyants. Voilà un film avec lequel le spectateur ne peut qu’être d’accord : soit le combat mené par une femme seule pour maintenir à flots sa mairie et la classe unique qui permet à dix élèves de suivre une scolarité locale et non dans la ville voisine, une femme définie par sa persévérance et sa gentillesse, une maire courage en somme, modeste en plus. Les comédiens s’avèrent convaincants, en particulier le duo formé par Julia Piaton et Michel Blanc ; mais fallait-il imposer à l’ensemble une musique aussi sirupeuse ? des ficelles scénaristiques dignes des téléfilms pour ménagers et ménagères diffusés en programmes d’après-midi ? La réalisatrice Mélanie Auffret, sous couvert de pensée positive, refuse les âpretés de son sujet et remplace l’évincement terminal de notre héroïne par une fuite en avant, direction l’Italie, à vélo svp ! Ça fait du bien au moral, surtout en ces temps difficiles, n’est-ce pas ? Au cinéma, moins sûr...