Lorsque ses petits-enfants (Matthew Garber et Karen Dotrice) arrivent à San Francisco, D. J. Mulroney (Walter Brennan), directeur de grandes entreprises de déforestation, laisse tout tomber pour occuper le week-end avec eux, en commençant par un pique-nique dans une des forêts qu'il possède. Ce qu’il n’avait pas prévu, c'est que la forêt soit peuplé par un minuscule peuple qui y vit en secret, ni que sa petite-fille y rencontre un gnome (Tom Lowell), et encore moins que ce dernier leur demande leur aide. En effet, il est le dernier de son peuple, et cherche en vain une femme gnome pour perpétuer la race gnome. Pressé par ses petits-enfants, D.J. Mulroney n’a d’autres choix que d’accepter à l’aider…
Trois ans après Mary Poppins , Robert Stevenson, qui vient de s’affirmer comme une garantie pour le studio Disney auquel il appartient, reprend sa caméra pour nous livrer cette comédie enfantine. Suite au superbe Mary Poppins, on était en droit d’attendre un film un peu plus magique, un peu plus drôle, un peu plus fou… bref, un peu plus convaincant que ce qu'il s'avère être. Mais s’il met tout son art en mode mineur, Robert Stevenson n’a pas ici autant de prétentions que pour son dernier chef-d’œuvre, et c’est son absence d’ambition qui sauve finalement La Gnome-Mobile.
Car une fois qu’on a compris qu’on n’a rien de particulier à en attendre, on pourra passer un très bon moment, si on est prêts à récupérer notre âme d’enfant pour une petite heure et demie. A l'image de Darby O’Gill et les farfadets, dont on pourrait presque croire que ce film-ci constitue la suite s’il ne se déroulait à l’époque moderne, le mélange des échelles est ici souvent très réussi, même si un certain nombre d’effets spéciaux ont pas mal vieilli, et même si La Gnome-Mobile a une propension à basculer dans le kitsch (la course au mari finale) moins assumée. En revanche, si la première moitié du film apparaît un peu trop sage, la deuxième moitié, sans révolutionner le genre, bénéficie d’un humour plus marqué, notamment lors d’une scène de poursuite en voiture qui anticipe, en presque aussi culte, la course déjantée d’Un amour de Coccinelle, sur les écrans l’année suivante. Et puis les enfants (déjà vus dans Mary Poppins) sont trop excellents pour qu’on ne se laisse pas séduire par cette comédie gentillette, un peu plate et tout-à-fait oubliable, mais néanmoins charmante.