Les Promesses de l'ombre par Kroakkroqgar
Au regard de la filmographie de David Cronenberg, ‘Eastern Promises’ semble être d’une banalité inquiétante. Et pourtant, cette intrigue au sein de la mafia russe se révèle très intelligente et pleine de surprises, et fait de ‘Eastern Promises’ un excellent film.
Tout commence avec un casting intéressant : Vincent Cassel, Armin Mueller-Stahl et Viggo Mortensen assurent dans des rôles de mafieux contrastés. Naomi Watts apportera une touche de féminité au récit, même si elle n’interprète qu’un rôle classique et pas forcément essentiel. Passé l’incohérence selon laquelle Anna mène seule l’enquête sans prévenir la police, les relations entre les trois personnages principaux prennent rapidement une tournure captivante. Ambition, traîtrise et rédemption se succèdent, et ce jusqu’à un retournement de situation, inattendu qui donnera un éclairage différent à l’œuvre entière.
A l’inverse de ‘A History of Violence’, David Cronenberg parvient à rythmer correctement son récit. En revanche, on y retrouvera la violence crue du réalisateur : pas de censure sur les égorgements ou même le coupage de doigts. Et ce n’est rien quand la nudité s’en mêle, puisqu’on nous offre alors l’unique et marquante scène d’action du long-métrage.
Finalement, on ne regrettera qu’une bande-originale très discrète, et le look de Viggo Mortensen, qui a au moins le mérite d’incarner un personnage particulièrement fort.
Un excellent film au cœur de la mafia russe.