"Prenez des Twix. - Pourquoi ? - Parce qu'ils sont deux."
Après l'adaptation de La délicatesse (2011), suivant la naissance d'une histoire d'amour farfelue entre Audrey Tautou et François Damiens, ce sont Les Souvenirs de David Foenkinos qui viennent désormais faire un tour sur le grand écran. Cette fois-ci, l'écrivain laisse les manettes de la réalisation à son ami Jean-Paul Rouve, avec qui il co-écrit le scénario.
L'action ne se focalise plus sur un seul couple mais sur toute une famille. Un jeune homme de vingt-trois ans, veilleur de nuit dans un hôtel, qui cherche à écrire son premier roman. Ses parents, dont la relation s'effrite lorsque le père entre dans sa "crise de la retraite". Son coloc' un peu loser, aux tentatives de drague toutes aussi ratées les unes que les autres (difficile de réussir lorsque l'on considère Drieu la Rochelle comme son modèle !). Il est surtout question de la relation entre une grand-mère et son petit-fils : une grand-mère qui décide de quitter Paris, de disparaître, pour retrouver ses souvenirs d'enfance.
Vu comme ça, ça pourrait paraître un peu plan-plan. Pourtant, c'est tout le contraire. Les Souvenirs est un film qui se regarde comme on déguste une friandise : on profite du début à la fin. L'atmosphère et l'humour du roman de Foenkinos sont parfaitement retranscrits, donnant lieu à de beaux moments de comédie, loin des stéréotypes que l'on nous distribue à la pelle dans bon nombre de films français. Une comédie qui s'adresse à toutes les générations, fédératrice, faisant passer du rire aux larmes.
On profite surtout parce que l'on s'identifie avec aisance dans les personnages et les situations. Tout cela grâce à des dialogues toujours justes, et un casting fort, très fort : la prestation d'Annie Cordy ne laissera personne indifférent, le couple Blanc/Lauby est d'une justesse imparable, et Mathieu Spinosi s'impose comme une véritable révélation. Les personnages secondaires se réservent certaines des meilleures répliques : la scène entre Blanche Gardin, employée à l'office de tourisme d'Étretat, et Spinoni est tordante.
La voix de Julien Doré s'impose le temps d'un interlude et rappelle l'enjeu majeur du film : "que reste-t-il de nos amours ? Que reste-t-il de ces beaux jours ?" Que restera-t-il de nos souvenirs si nous n'avons personne avec qui les partager ? Avec simplicité, émotion et justesse, Jean-Paul Rouve et David Foenkinos nous apportent une petite perle de douceur en ce début 2015, et nous en avons bien besoin...