Je suis sorti de la séance avec une bonne impression, avec malgré tout ce petit arrière-goût d'incomplétude, comme s'il manquait quelque chose pour atteindre l'emballement total. Et, cogitant là-dessus, je conclus au final qu'il ne manque rien. En réalité, il y a quelque chose en trop. Colin Firth et Nicole Kidman, et toute la partie sur "le présent", qui se déroule en réalité dans les années 1980, soit 40 ans après les événements au cœur du récit.
Je m'explique : toute la partie sur 1942-1945 est parfaite. Les acteurs sont très bons (Jeremy Irvine et Tanroh Ishida en tête), la reconstitution historique aussi, l'atmosphère moite et tropicale du sud-est asiatique est parfaitement transmise. Cette partie a bien évidemment pour elle la force de ces événements passés, le poids de l'Histoire devant laquelle on peut difficilement demeurer de marbre, d'autant plus que cette partie de la Seconde Guerre Mondiale est très méconnue.
Le film n'aurait eu comme objet que cette partie historique et cela aurait été parfait.
Mais ce n'est pas le cas, il y a le présent. Alors je sais qu'il s'agit d'une adaptation d'un livre et que la quête de vengeance puis le pardon (ainsi que les trains objets d'obsession) font partie du livre d'Eric Lomax, mais reste que dans cette retranscription cinématographique, c'est franchement mauvais. Déjà, par l'alternance entre passé et présent, mal fichue, qui plombe la dynamique générale du film. Mais surtout par la relation entre Kidman et Firth dont on se fout royalement, puisque Kidman n'y est pour rien dans sa "guérison" et qu'on pouvait retirer cet élément du film sans trop de problème. Également par le jeu de Kidman qui n'est vraiment pas convaincante (et qui a les mains d'une femme de 50 piges et le visage d'une ado de 17 ans : les joies du bottox créent des hybrides vraiment malsains à l'écran). Bref, le présent m'a sérieusement ennuyé, et chaque fois je trépignais d'impatience pour qu'on en revienne à 1942.
Tout n'est pas à jeter dans cette partie néanmoins : la quête d'Eric pour retrouver son tortionnaire japonais est puissante (même si Firth pourrait faire mieux que de se contenter du minimum attendu) et la fin l'est d'autant plus. Mais tout cela semble brouillon car phagocyté par l'intrigue de couple des deux têtes d'affiche et le manque de rythme.
Reste que globalement le film doit être vu car l'Histoire ainsi transmise est forte en émotion et la fin est pleine d'enseignements.