Bien que Jean Becker ne soit pas mon réalisateur préféré (euphémisme), le (dernier) scénario de Jean-Loup Dabadie adapté de Georges Simenon, auxquels venait s'ajouter une bande-annonce plutôt séduisante m'a encouragé à y aller sans trop d'hésitation. Seulement, séduisante sur le papier, cette « réunion » de noms prestigieux se concrétise rarement sur grand écran. C'est simple : j'ai rarement vu un film il se passait aussi peu de choses. Le scénario est totalement statique, figé : non pas que les scènes soient foncièrement désagréables, mais on est presque épaté de voir Becker filmer autant de vide, ce dernier n'ayant pas le talent pour essayer de le combler, ayant même tendance à s'y complaire.

Pourtant, cette plongée (modeste) dans les couloirs du milieu théâtral et cinématographique a un certain charme, ce côté très classique, semblant presque appartenir à une autre époque, n'étant pas pour me déplaire, surtout lorsqu'il s'agit de l'excellent Yves Angelo à la photographie. Le lien unissant Jules Maugin et Jeanne Swann sont même assez touchants, leurs échanges se révélant même assez délicats. On est plus perplexe concernant la relation entre Maugin et Alice, à laquelle on a vraiment beaucoup de mal à croire (d'ailleurs, toujours pas compris comment le comédien parvient à la retrouver aussi facilement à Amiens).

On y parle d'amour, d'amitié, pas forcément mal, mais prenant tellement le pas sur tout le reste qu'on finit par se lasser, voire à s'agacer devant ces situations ne faisant pas avancer l'intrigue d'un iota (la scène de pêche... qui a jugé utile de la garder??), et lorsque je pense à toutes les scènes qui auraient pu être enlevées pour que « Les Volets verts » restent cohérents, ba... il ne reste pas grand-chose.

Le trio de « stars » Gérard Depardieu (dans un rôle quasiment autobiographique, alcoolisme compris!) - Fanny Ardant - Benoît Poelvoorde fait le boulot, s'appuyant toutefois beaucoup sur ce qu'ils savent faire, sans grande surprise, très « acteurs de talent qui le savent ». On aurait aimé voir certains seconds rôles plus consistants, à l'image d'Anouk Grinberg et Fred Testot dans un « contre-emploi » hélas sans envergure. La vraie belle surprise vient de Stéfi Celma, se révélant très émouvante et d'un grand naturel manquant parfois à ses prestigieux collègues.

Quant au héros, sans nous laisser indifférent, il n'est pas assez bien écrit pour vraiment nous séduire, à l'image de « choix de vie » souvent désastreux où l'on a du mal à compatir. Bref, un beau potentiel souvent mal exploité pour une intrigue presque totalement dénuée de rebondissements et aux enjeux très limités : autant de talents pour un résultat aussi passable, c'en est presque un peu triste.

Créée

le 4 oct. 2022

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Caine78

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