T. Miike est un réalisateur très clivant car il est capable, sur une excellente idée de départ, de pondre une merde qui dépasse toujours les 2 heures. Donc, ça fait inévitablement beaucoup de baratin inutile avant d'entrer dans le vif du sujet. D'autant plus que le bonhomme a la fâcheuse tendance de digresser comme un prof de philo sous acide. Ce film entre dans la complète continuité de son oeuvre et constitue un nouvel exemple du bordel "trasho-bavard" d'une filmo finalement cohérente, même si elle reste à la limite de l'incompréhensible pour le spectateur classique.
Ici, on est dans un bahut japonais où un très, mais alors très très charismatique prof, adoré par ses élèves (surtout les petites coincées en uniforme) et ses collègues se révèle être un timbré total.
Mais avant d'en arriver à ce constat incontournable, on doit se fader presque 80 minutes de non-film où il ne se passe strictement rien sauf des bavardages ineptes et peut-être des tentatives de séduction vouées évidemment à l'échec, vu l'état avancé de psychopathie du prof modèle.
Mais me direz-vous pourquoi, ma bonne dame, avoir regardé un film pareil, avec un réalisateur qui vous fait apparemment chier au plus haut point et qui en plus se déroule dans un lycée, lieu de règles ineptes et de phantasmes inassouvis ?
Ben, chère collaboratrice de Télérama c'est parce que justement, c'est réalisé par ce mec et qu'en plus je n'aime pas les ados, surtout s'ils ont des uniformes et des comportements de lèche-boules. Car avec Miike, il y a toujours un point de bascule, un moment où son film, aussi gentil soit-il à son début, va partir en portnawak total.
Et grazie mille ça finit enfin par arriver : le massacre tant attendu des petites connasses en jupettes ou des fiottes en cravates commence gentiment au bout de 78 mn de métrage avec la première petite maline qui se fait démolir le portrait avec un "sac surprise" avant d'apprendre trop vite et sans succès à voler. Sa copine la suit rapidement mais il faut attendre encore un peu avant que le rêve de tout prof se réalise avec une tuerie au calibre 12 qui dure presque 30 mn. L'attente est longue, ma che orgasmo ! Aucune pitié pour ce casting de pétasses et de glandus, l'abattage rappelle les lâchers de perdrix les jours de fête pour les viandards de tous bords. C'est long, c'est régressif mais c'est jouissif au point de presque justifier la purge totale qu'on a dû ingurgiter avant.
La fin est carrément "not of this earth" avec la promesse d'une suite qui n'arrivera jamais, mais les 30 mn évoquées plus haut font tellement plaisir à voir qu'il aurait été injuste de mettre une note inférieure. C'est un peu le génie de Takashi : amener le spectateur au bord de la rupture avant de lui asséner une bonne torgnole qui lui ramènera un sourire niais mais ravi sur la gueule.