bien que je ne sois pas fan de l'abus de champs, contre-champs, (surtout quand on voit certains plans de dialogues de notre actuel président Park Chan Wook ; revoir décision to leave), j'ai fortement apprécié le début très intense du film, car ce procédé associé à de très gros plans et à l'intensité de jeu des deux protagonistes s'avérait plein de promesses. Alors que Sorogoyen tenait la longueur dans El Reino ou Que dios nos perdone, là le désert l'a totalement séché. Comme dans Dune de Villeneuve, on s'attend à tout moment à voir apparaître le mannequin en drapé blanc vanter un parfum de luxe. Alors même que notre héros réalisateur tient un discours des plus intéressant sur les relations entre l'Espagne et le Sahara, les sahraouis sont réduits à des présences plus que folkloriques, et on ne voit plus dans son tournage cet intérêt. Finalement ce discours n'est là que pour nous rappeler surtout l'abandon du héros. C'est léger comme implant. Quant à la scène paroxystique et cathartique où notre mâle toxique montre ses vraies couleurs, elle n'est l'aboutissement de rien du tout et reste ennuyeuse plus qu'angoissante. Et puis, comment arriver de ce tyran narcissique à ce sentimentalisme exacerbé en fin de film ? Si quelqu'un peut m'expliquer ? De la même manière Sorogoyen ne fait rien de la famille américaine du héros. Ils sont blonds, l'épouse est bienveillante, ouais mais et alors ?? Heureusement Javier Bardem arrive à donner physiquement et moralement une épaisseur à son personnage, ce qui nous permet de maintenir notre attention, mais 2h 15 c'est long. Force est de constater que les relations père disparu et fille abandonnée n'ont pas réussi cette année au cinéma. Après le décevant Valeur sentimentale (qui n'est pas le meilleur Trier), le décevant Etre aimé.