À partir d’un coup de fil camouflant un apocalypse hors-champ à un jeu de pouvoir catalysant les traumatismes du réel, Rodrigo Sorogoyen nous livre, cette année, son troisième film d'affilée sur les hantises familiales.
En regain de popularité depuis Valeur Sentimentale (Grand Prix de l’an dernier), la famille est désormais un facteur qui s’analyse par le métatexte cinématographique.
C’est ainsi que l'Être Aimé pose son cadre : une relation dysfonctionnelle éclatant devant un spectateur mis en abyme à l’image. L’heure n’est plus à subir la pression tragique de son héroïne mais de la comprendre, dans un premier temps, à la manière d’un Je verrai toujours vos visages de Jeanne Herry (que l’on retrouve également en compétition cette année) préférant favoriser un dialogue qu’un jugement direct.
Une discussion que son cinéaste rythme par un champ-contrechamps incisif où les deux personnages principaux se livrent un véritable jeu d’échec faisant front, non pas pour s’accepter, mais pour conquérir une “mémoire collective” où la violence d’un père absent paraît autant peser que les reproches d’un enfant oublié.
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