La stérilité du live action tel qu’il est pratiqué par Disney depuis quelques années maintenant, procédant à une simple conversion en prises de vues réelles augmentées d’images de synthèses diverses, se double, dans le cas de Lilo and Stitch, d’un affadissement effrayant : l’inimitié initiale entre les deux protagonistes est évacuée au profit d’une amitié évidente, de façon à effacer les aspérités pourtant nécessaires à la relation de deux espèces différentes et de deux caractères volontiers destructeurs. La marginalité constitue leur seul élément de définition, sans qu’ils n’espèrent exister en dehors des images que leur environnement leur revoie : Stitch est une grosse peluche gaffeuse, Lilo l’allégorie de la victime de harcèlement déterminée à y remédier. La suite procède par avalanche d’explosions et de verres cassés sans faire évoluer cette caractérisation : ils glissent d’une séquence à l’autre sans incidence aucune, reproduisent les situations déjà observées dans le long métrage d’animation avec un mécanisme tel qu’on leur reprocherait une connaissance du scénario original, subissent les attaques d’un duo de mutants ridicules, tout droit sortis des productions Disney Chanel, interprétés par deux comédiens en roue libre. La mise en scène illustre sans incarner, souffre de cadrages approximatifs et d’un montage charcutier.
Un remake dépourvu du moindre intérêt, de la moindre authenticité, de la moindre rugosité – le déguisement en Elvis Presley, hilarant dans l’œuvre première, se révèle anecdotique, expédié en guise de générique de fin.