Spielberg rend une nouvelle fois hommage à l’Histoire en racontant comment le président Lincoln a mit fin à l’esclavage en une période trouble.
Refusant de mettre fin à leurs traditions et de perdre leurs richesses, les Etats du sud veulent se séparer de l’Union. La guerre éclate entre le nord et le sud.
Humaniste et partisan tenace de l’abolition de cette pratique qu’il juge contraire aux droits de l’homme que les Nations Unies défendent, Lincoln tente de faire passer un nouvel amendement. Mais il se heurte à de fortes oppositions. Car même dans les états du nord, l’intolérance est courante. Plusieurs sont en effets profondément racistes et refusent catégoriquement d’entendre toute idée d’égalité entre les races. Parmi les autres, certains ont peur de ce que tous ces êtres libres vont devenir. Et il y enfin ceux qui n’osent revendiquer leurs avis de peur de s’attirer la colère de leurs semblables.
Lincoln espére se servir de cet amendement comme moyen de mettre fin à la guerre, mais si la paix est signée avant, l’abolition de l’esclavage ne sera jamais votée. Il se retrouve donc dans une délicate situation morale : d’un côté mettre fin à la souffrance de tout un peuple opprimée, ou mettre fin à de nouveaux morts sur les champs de bataille.
Conseillers, amis, proches, alliés ou ennemis, le président doit naviguer parmi toutes ces opinions divergentes pour tenter de faire ce qu’il estime juste. Tout en restant calme, toujours une citation en tête pour calmer les esprits et exposer sa sagesse, il tente patiemment de convaincre son entourage. Mais son engagement a un prix qui se répercute sur sa famille : sa femme lui reproche de ne pas leur consacrer assez d’attention, et son fils veut à tout prix partir en guerre.
Pour parvenir à ses fins, Lincoln va jusqu’à utiliser quelques manipulations, pots-de-vin, dissimulation de certains fais, transgressant la loi, mais pour mieux faire ce qui est juste.
Avec « Lincoln », Spielberg a fait le choix de traiter d’avantage la situation politique et les actions du célèbre président plutôt que l’homme lui-même. Un choix qui se défend et qui rend le film intéressant, en contrepartie on se sent moyennement touché par le personnage. Ce qui contraste avec la plupart des autres films du réalisateur et que plusieurs lui ont reproché. Mais il ne faut pas oublier que Spielberg ne crée pas que des histoires sentimentales ou imaginaires, mais peut aussi produire des œuvres plus profondes, sombres et réalistes (Munich, l’empire du soleil, il faut sauver le soldat Ryan…). Je n’ai toutefois pas assez de connaissances pour juger de l’exactitude historique.
Oui le film est bavard et parfois assez long, mais étant donné le sujet difficile de faire autrement. On a reproche à « Lincoln » d’être académique, là encore impossible de procéder différemment tout en restant fidèle à l’Histoire.
« Lincoln » est le genre de film que l’on va voir plus pour se cultiver que pour se divertir. A ce niveau-là l’exercice est réussi et le contexte historique est intéressant, de quoi compenser les quelques longueurs et de ne pas rendre le film ennuyant.