Ce qui est intéressant dans un cinéma usant d'une certaine économie de moyen (un couple, un terrain de chasse, un véhicule et basta), c'est son ingéniosité pour exister. Un Long weekend existe parce qu'il est bigrement malin, en plus d'être atmosphérique. Il vit grâce à sa mise en scène étrange et sinueuse. Son couple est banal, pas très juste, s'autorisant par instants quelques effusions de colère, là où la nature agressée finira par répondre à sa manière. Ici des fourmis, là un aigle, un opossum qui se la joue Les Rats attaquent.
Mais non, le plus fascinant est à aller chercher du côté du radicalisme du procédé : une terreur sourde, invisible, pourtant bien là. Un hors champ menaçant sans jamais être responsable du premier coup. Une terreur qui collera à la peau du couple tout le weekend jusqu'à basculer dans l'horreur. Et toujours cette économie de moyens. Ce scope arride, cette nuit inquiétante, ces satanés insectes, l'amour qu'ils ne feront pas, dans un style disons-le unique : la ozploitation, c'est ça ?