Deux plans, au début du film, annoncent la couleur. le premier nous montre une faille mystérieuse, colorée d'un rouge démoniaque, non loin d'une salle de sport que l'on devine plutôt miteuse.
Le second nous montre Kristen Stewart nettoyant des toilettes bouchées, dont le contenu ne nous est pas épargné. Le ton est donné, ce film va remuer la merde, nous infliger une esthétique grunge bien sale.
On aime ou on n'aime pas, mais heureusement, Love lies bleeding ne se résumera pas à cela. La promesse du premier plan va être tenue, et dans ses meilleurs moments, nous nous retrouvons devant un film noir qui lorgne du côté du Sailor et Lula de Lynch, ou du tueurs nés d'Oliver Stone. Toutes proportions gardées, certes.
L'épopée des deux femmes, de simple fait divers sordide, devient ainsi une tentative d'échapper au patriarcat façon Thelma et Louise, et le traitement queer, de simple argument, devient un réel moteur du récit. Et même si Love lies bleeding ne se montre pas toujours à la hauteur de ses ambitions, on ne peut que le saluer comme une série B dont les qualités bien réelles compensent les lourdeurs.