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Presque un an après le désastreux Malavita, Luc Besson revient derrière la caméra pour un film de science-fiction (encore !) mettant en scène une héroïne aux gros flingues (encore !) se déroulant à Paris (décidément !). Bref, vendu comme la plus grosse production de chez EuropaCorp., Lucy a divisé, entre les septiques qui restent néanmoins curieux et les aficionados pressés de découvrir un nouveau film d'action teinté de S-F. Mené par Scarlett Johansson, Morgan Freeman et l'imposant Choi Min-Sik (Old Boy, J'ai rencontré le diable...), le long-métrage s'avère finalement être une petite surprise, chose qu'on ne pensait plus possible pour le Jerry Bruckheimer français...
Car si le film puise dans tous les gimmicks Bessonniens, il arrive néanmoins à demeurer attrayant. Plus encore, le scénario s'avère contre toute attente vraiment intéressant, le réalisateur/scénariste ayant avant tout décidé de se pencher sur le cerveau humain et en particulier notre utilisation limitée de nos capacités cérébrales. Nous ne nous servons que de 10% de nos capacités, Luc Besson a imaginé ce qui se passerait si on allait au-delà. Pour mettre en images son hypothèse très sérieuse, il pond une histoire mêlant gangsters et fusillades avec une innocente mule dont la drogue expérimentale cachée dans son ventre s'est libérée et a changé son organisme.
Un prétexte qui ne s'assume pas assez malheureusement, le film préférant enchainer les lignes de dialogues philosophiques plutôt que de délivrer un bon film d'action pétaradant. On aurait donc aimé un juste milieu dans la même veine que Le Cinquième Élément. Dommage pour Besson qui s'est – on ne l'aurait jamais cru – assagi. On aurait d'autant plus aimé découvrir un peu plus de séquences visuellement envolées comme dans ses premiers films, le réalisateur se rapprochant parfois de sa grâce d'antan, notamment avec le bad guy Choi Min-Sik, ici impressionnant en chef de gang dégueulasse et charismatique.
Le personnage rappelle instantanément le personnage de Norman Stansfield (campé par Gary Oldman dans Léon), la présence à l'écran amoindri mais la prestance similaire. Quant à Scarlett Johansson, héroïne-titre, elle reste parfaite pour le rôle, à la fois fragile et déterminée, au début agaçante pour finalement devenir sérieuse voire effrayante. Ainsi, malmené entre discours philosophiques sincèrement intéressants et séquences d'action époustouflantes, Lucy reste un film de S-F réussi mais qui souffre toutefois d'un traitement assez bâclé qui aurait pu être facilement évité. Dans tous les cas, le film sonne comme une lueur d'espoir de retrouver le Besson des années 90.
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Créée
le 10 avr. 2019
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