Noé, c’est le genre de mec qui me rappelle pourquoi le cinéma est un art dangereux. Lux Æterna, c’est pas un film qu’on "aime" au sens classique, c’est un film qu’on subit, et c’est ça qui est génial.
Au début, la discussion entre les deux actrices est intéressante ça m’aurait même pas dérangé que ça dure plus longtemps. Le calme avant la tempête... On se retrouve ensuite sur un plateau de tournage qui part en vrille totale. Le scénario est quasi inexistant, c'est juste du chaos capturé. Le split-screen pendant tout le film, c'est pas juste un effet de style pour faire le malin. Ça crée une tension de fou parce que ton cerveau doit gérer deux flux d'infos en même temps, exactement comme les actrices sur le plateau qui perdent pied. Tu te sens oppressé, tu te sens perdu, et c'est exactement ce que la mise en scène veut te faire ressentir. Voir tout ce monde tombé en ruines, c’est fascinant à voir.
L’esthétique devient le sujet même du film. On parle de lumière, de couleurs primaires qui t'agressent la rétine. À la fin, on n'est plus dans la narration, on est dans l'expérimentation pure.
Noé nous montre que le cinéma peut être une transe, une crise d'épilepsie artistique, il nous torture très clairement. Il n'y a pas besoin de comprendre ce qu'elles se disent, il suffit de voir comment la lumière les bouffe. C'est radical, c'est violent, et ça montre que le cadre peut être une arme de destruction massive pour le confort du spectateur.