Comme dans Les Pires, leur précédente et première réalisation, Lise Akoka et Romane Gueret se sont lancées dans Ma frère sur un sujet dans lequel le sens du collectif occupe la première place, sans négliger les caractères individuels de ses différents personnages, jeunes moniteurs et enfants. C'est une jolie colonie de vacances que nous décrit Ma frère, qui semble éloignée de celles chantées par Pierre Perret, en son temps, mais pas tant que cela en définitive, car on y retrouve le même côté énergique, irrévérencieux et, finalement joyeux, dans un brassage de tempéraments, de races et d'humeurs tout à fait réjouissant. Avec forcément un mélange d'éléments disparates, du rire, des larmes et des disputes, où les adultes ont souvent l'air de grands enfants alors que ces derniers paraissent déjà très solides sur leurs appuis et doués d'une certaine maturité. Bref, cela bouge beaucoup et dans tous les sens, mais de manière très naturelle, et l'on en vient à moins s'intéresser aux petites histoires individuelles des grands, pour ne retenir que la spontanéité des plus petits, qui forment à n'en pas douter la mosaïque française de demain au grand dam de certains esprits chagrins, nostalgiques du monde d'avant, qui auront beau renâcler. Et cela laisse quelques espoirs, eu égard à la liberté de penser et à la lucidité précoce de cette nouvelle génération.