En fait si on exclut le "auteure" pour désigner Sciamma au générique c'était plutôt pas mal. Alors de là à lui attribuer le César du meilleur film d'animation aux dépens La Tortue Rouge je ne sais pas, mais c'était un peu le film qui ne paye pas de mine avec une histoire simple et sympathique, même si ça ne révolutionne pas grand chose.
Je dois avouer que j'ai eu un peu peur au début, peur que ça soit un truc assez sinistre avec un gamin battu reclus dans sa chambre pendant que sa mère picole et finalement le film en sort assez vite pour devenir assez solaire. Le style graphique du film joue beaucoup, parce qu'on n'est clairement pas dans la réalité et là où dans Quand on a 17 ans aussi auteurisé (sic) par Sciamma ça passait plutôt mal, ici ça permet au film de ne pas être lugubre et d'avoir toujours de l'espoir.
Parce qu'en réalité on sait bien qu'un foyer ce n'est pas comme ça, c'est plus des cris que des rires que l'on entend et que le caïd du coin ne va pas ouvrir sa carapace si facilement, etc. Le choix de le faire en animation permet de faire passer le fait qu'on a un foyer avec six ou sept gamins, tous un peu lisses, sans que ça ne soit jamais perturbant et sans que ça n'entache le film. Leur design dit déjà beaucoup sur eux sans jamais être ridicule et sans tomber dans la caricature.
Bref, j'ai beaucoup aimé le parti pris graphique, qui est assez singulier pour marquer et qui permet ainsi à n'importe qui de rentrer dans le film, que ça soit les enfants, mais aussi leurs parents. L'histoire a beau être simple, elle parvient à être parfois assez touchante car finalement assez universelle puisqu'elle parle du besoin d'être aimé.
Alors oui c'est vraiment prévisible, mais réussir à écrire un truc aussi simple, en désossant tout ce qui est inutile sans jamais que ça soit ennuyant pour un adulte ben finalement c'est pas si mal.
J'aurais cependant aimé être plus touché que cela. On n'est pas encore au niveau d'un Totoro ou d'un Kiki la sorcière, mais les thèmes plus magiques étaient également plus propices à l'enchantement chez Miyazaki. Reste que lorsque le film se termine j'en aurais voulu plus, parce que finalement on ne voit pas grand chose. J'aurais aimé juste les voir jouer, j'aurai aimé plus de moments de tendresse entre Courgette et Camille. Ici c'est encore trop rapide et peut-être même trop convenu.
Mais ça reste bien agréable.