V.2.
La fée mure, la fée mène et le féminisme.
J'avais écrit une critique mais en lisant certaines des vôtres, je me suis dit qu' il fallait que je réécrive la mienne.J'avais fait preuve de complaisance à l'égard du film : je n'avais pas vraiment développé mes idées quant à savoir si je trouvais ce film féministe ou pas. Entre la première version et la nécessité d'écrire de nouveau, j'ai laissé passer du temps, j'ai quelque peu discuté ici et là à ce sujet, par conséquent j'ai comme l'impression de donner dans la redite.
Cela dit, c'est par là que je vais commencer, pour ainsi dire, mon petit billet d'humeur. Dans un premier temps j'avais pensé demander un avis extérieur et éclairant sur la question. A Attiébaoulé par exemple. J'espère que sa contribution viendra.
Je suis au regret de te dire qu'à mon sens ce film est loin d'être aussi féministe qu'on veut bien nous le faire croire.
Être féministe se serait, alors, se contenter de nous présenter cinq jeunes nymphes, rivalisant de beauté, toutes démoulées d'une taille mannequin s'il vous plait et toutes incapables de s'évader par leurs propres moyens. Une seule femme forte dans cette histoire : Furiosa. C'est peu.
Bien entendu quand on lit que la bande annonce du film avait donné du grain à moudre à un antiféministe bas du front, on reste sidéré que ce genre de type existe encore, mais on se dit que si ce décérébré qualifie lui aussi le film de féministe c'est que nous avons un problème.
Surtout quand le gars part du principe qu'une femme ne peut pas avoir plus de dialogue qu'un homme. Si on arrive à la même conclusion que lui, alors c'est que tout le combat est à reprendre.
En 2015 le féminisme c'est donc de voir des femmes souhaitant ne plus être des machines à procréer et s'émancipant de leur statut de femme objet : soit la cause est perdue, soit le film ne va pas assez loin.
J'ajoute à cela que les obèses (par extension et opposition : les moches) ne sont bonnes qu'à fournir du lactose en continu… on est en droit de se demander si le film ne s'y prend pas n'importe comment, ou très maladroitement, pour nous exalter avec son message.
¿ Why so furious ?
Fury Road s'ouvre sur un Max en proie à d'horribles visions et s'en suit toute une intro en mode frénétique, image accélérée : procédé déjà utilisé dans Mad Max 2 : Le défi. [Notez l'inspiration foudroyante chez nos traducteurs de titres : Mad Max 2 : Le défi, Batman 2 : Le Défi.] Autant cette façon de faire passait plutôt bien sur la course poursuite, autant ici, ça m'a tout simplement agacé dès le départ.
Cependant et très vite, on s'aperçoit que Miller donne dans la démesure. Décors sublimes et vertigineuses plongées entre ces immenses roches. Guillaume Nery, lui-même, en reste époustouflé. C'est dire.
Le film donnera donc dans la frénésie et l'opulence. Opulent comme des grosses à qui on tire le lait. Miller aurait-il un goût certain pour divers fétichismes particuliers ?
Du #cuir #queer #moustache à la #BBBW en passant par une Furiosa au crâne rasé comme #Belladonna. Tout ça ne me pose aucun problème. Ça touche même du bout du doigt un de mes fantasmes les moins avouables #breastfeeding #milksquirt.
Le film fini de s'installer, sans jamais cesser d'être spectaculaire, pour se lancer dans une course poursuite dont le spectateur ressort lessivé. C'est ainsi qu'un homme a cru bon de s'exprimer ainsi à voix haute, mais pas trop,
"ils m'ont épuisé."
De pause ? Que nenni !
La menace guette toujours, seulement quelques précieuses minutes d'avance qu'il ne faut pas gazpiller. Les tambours grondent et le guitariste suspendu crache du feu tous les trois accords.
D'ailleurs à propos de ce guitariste, on ne sait pas bien si on lui accorde le crédit de la fougue du jusqu’au-boutisme ou s'il nous laisse dubitatif devant tant de ridicule.
D'ailleurs il ne tue personne, c'est une piste de réflexion.
Ce personnage a donc le cul entre deux sièges baquets.
Le pétrole, l'eau, le lait, la mise en scène, un seul adjectif qualificatif suffit pour définir tout ça : Fluide !
Et plus encore que cette folie dont la fièvre vous gagne instantanément, c'est la facilité avec laquelle on peut lire cette débauche visuelle de cascade et d'action, de sable et de flammes durant toute la première heure du film.
Pourtant, que la tempête est belle, comment peut-on s'imaginer en voyant ces jolies donzelles, que la mort va les frapper.
La traversée de Miller.
Miller's Crossing
Au départ je n'étais pas convaincu de l'utilité de voir ce film. Puis vos notes ont éveillé ma curiosité et en sortant de la salle j'étais déçu, j'attendais mieux.
Mais plus je parlais de ce film autour de moi plus j'avais envie de le revoir et moins j'avais envie de lister des défauts évidents comme par exemple cette photo oscillant entre le jaune curry de jour et le bleu métallisé de nuit, quand bien même j'apprécie le cachet, c'est bien poli et lissé tout ça.
Ou encore une deuxième heure mollassonne où la seule solution est de faire demi-tour, ou Immortan Joe de sa combinaison de plastique vêtu qui part rider dans le désert.
Miller se fait aussi de jolis clins d'œil comme cette boîte à musique sortie de nulle part, le War Rig/camion-citerne sert de leurre encore une fois, le fusil à canon scié est de nouveau une arme qui ne fonctionne pas/pas chargée...
Bon plus que 4 mois à attendre.
xoxo
Ah et encore merci. TMTS.
Petit moment méta qui ne sert à rien. En fait Toecutter a vieilli, il règne sur la Citadelle, l'enfant sauvage aussi et il a fini par devenir aussi fou que Max, s'accaparant ses traumatismes. Il va venger Max et tuer Immortan Joe/Toecutter (et accessoirement filer la boîte à musique aux épouses.)