J'ai trouvé dans ce film du positif comme du négatif, le second prenant tout de même largement le pas sur le premier. Je vais commencer par le positif, à savoir la déconstruction de l'image des grands explorateurs de la renaissance, largement glorifiés dans l'imaginaire collectif des sociétés occidentales et totalement intégrés dans les romans nationaux. Alors que Diaz nous montre Magellan comme une brute aux méthodes expéditives, enrobée dans une bonne couche de bigoterie. Qui, c'est vrai, poursuit sa quête avec un acharnement qui peut susciter l'admiration, mais au prix du sacrifice de nombreuses vies humaines et sans jamais montrer la moindre empathie envers quiconque, y compris dans son entourage proche.
Le négatif, maintenant. Peut-être provient-il tout simplement d'une volonté de pousser à fond une entreprise de déconstruction. Et pour cela, de s'inscrire dans un formalisme à l'opposé total de films qui au contraire, glorifient ces explorateurs. Je pense évidemment à 1492, je n'en ai vu que la bande-annonce, mais ça suffit. Mais du coup, Magellan comporte à peu près tout ce que je n'aime pas en matière de forme pour un film : une image presque carrée, une absence quasi-totale de musique, de longs plans durant lesquels il ne se passe rien. Le film est long, très long, trop long, à cause de ces scènes d'une lenteur insupportable, surtout lorsqu'elles sont visionnées un lendemain de réveillon (ce dernier point n'étant pas imputable au réalisateur ;-)).
Et puis, il y a ce côté esthétisant, qui me hérisse au plus haut point. Le film se présente comme un enchainement de scènettes, extrêmement travaillées d'un point de vue esthétique (éclairage, couleurs, bruitages). Chacune d'entre elles est un véritable tableau et en possède d'ailleurs bien souvent l'immobilité. Notez bien que je respecte la quantité de travail qu'il a fallu accomplir pour réaliser cela, mais ce n'est définitivement pas mon truc. Non plus que celui des quelques spectateurs qui n'ont pas eu la même patience que moi et ont quitté la salle en cours de projection.
Donc, de mon point de vue, il y a à prendre et à laisser. Chacun se fera son opinion, selon le type de cinéma auquel il aspire.