Alors qu'une suite ne s'imposait franchement pas après un final aussi sec et désabusé, les producteurs décident tout de même de surfer sur le succès du film de Don Siegel, adoucissant au passage le personnage de Harry Callahan, jugé trop extrême par le public et une grande partie de la presse de l'époque.
Le scénario est confié paradoxalement à John Milius et Michael Cimino, francs-tireurs du Nouvel Hollywood à la réputation pourtant sulfureuse, Milius se décrivant lui-même comme un fasciste zen. Malgré un côté un poil excessif (la scène ridicule de l'avion détourné), le script a le mérite d'esquisser une réflexion intéressante sur l'auto-défense, montrant les conséquences d'une criminalité de plus en plus exacerbée sur les gardiens de l'ordre, la fascination de Milius pour les armes à feu suintant de toute part.
S'il n'a pas la maîtrise de Siegel, Ted Post fait efficacement le boulot, accouchant d'un bon p'tit polar bien méchant, certes un peu long (dix minutes auraient pu passer à la trappe) et qui annonce déjà le virage plus grand public dans lequel va sombrer la série mais offrant de bonnes scènes d'action, bien aidé par le charisme intact de Clint Eastwood.