Le premier Dirty Harry n'avait pas à l'origine de suite de prévu mais vu son succès ce Magnum Force fut mis en chantier, c'était aussi l'occasion de réagir à certaines critiques qui voyaient dans le précédent film, un personnage aux relents fascistes.
On peut regretter que Don Siegel n'est pas rempilé à la réalisation, c'est le moins connu Ted Post qui s'y colle cependant il s'en sort très bien. Il y a juste un problème de rythme car il faut attendre la deuxième heure - de ce polar frôlant les 2 heures - pour qu'il trouve enfin son tempo.
Ce polar bénéficie d'un bon scénario écrit par les 2 pointures que sont John Milius et Michael Cimino. Une intrigue prenante sur des policiers décidant d'appliquer leur propre justice, face à eux l'inspecteur Harry sera rester serein et ne va pas du tout, malgré ses méthodes peu orthodoxes, sympathisé avec eux.
En-dehors de ligne générale comme dans toute la saga ce film est ponctué de quelques scènes d'arrestation du style "Dirty" Harry notamment la scène dans l'avion détourné par des pirates de l'air, ou encore l'arrestation musclée de voleurs armés dans un magasin.
Si le final est excellent et tendu, la scène du concours de tir de la police bien que plus calme physiquement et néanmoins nerveuse sur la plan psychologique, Harry Callahan affronte lors de ce concours de jeunes policiers (joués par David Soul, Robert Urich et Tim Matheson de jeunes acteurs qui se feront surtout connaître par la suite à la télévision). Quant à Clint Eastwood, il retrouve avec un naturel déconcertant ce personnage de flic qui fait partie du summum de sa carrière.
C'est donc une bonne suite qui n'a pas rougir à la comparaison, d'ailleurs son histoire devait être en partie celui du premier film d'après un scénario de Terence Malick (or Siegel préféra une intrigue basé sur la traque d'un tueur). C'est un solide polar urbain des seventies, mettant en valeur les décors de son tournage, et Lalo Schifrin revient pour signer à nouveau une B.O. à la mélodie mémorable.