Un Peckinpah académique, mais tout de même prenant...
Fin de la guerre de Sécession. Le major à la tête d'un camp de prisonniers sudistes arrive après le massacre d'un village par le chef apache Charriba. Ne voyant pas son métier comme celui d'un taulier, il recrute, y compris parmi les prisonniers sudistes, et fait route droit sur le Mexique. Mexique où les troupes françaises tournent encore.
Le début de "Major Dundee", en-dehors de l'introduction marquante du personnage (ce premier plan où Heston à cheval vient se placer juste devant la caméra, cigare à la bouche). Le recrutement des aventuriers est probablement un des passages les plus faibles, sauvés par quelques répliques qui font mouche de justesse.
Une fois que le Rio Grande est passé, comme toujours, les choses changent. Le film prend toute sa dimension avec l'arrivée dans le pueblo mexicain et l'apparition de la divine Senta Berger. Le Rio Grande, véritable révélateur, permet aux personnages de montrer ce qu'ils sont. Le personnage le plus marquant, en-dehors de Dundee, est bien sûr Tyrrel, qui s'efforce de jouer jusqu'au bout le gentleman sudiste donquichottesque. Mais il y a aussi le Sgt Gomez, ce gros mexicain, Samuel Potts (Coburn), un éclaireur manchot qui respecte Dundee ; enfin toute la clique sudiste autour de Tyrrel, et les blacks, avec qui ça fait des étincelles au début.
Le film développe un sentiment de grande chaleur virile : comme dans "La horde sauvage", la troupe de Peckinpah est véritablement... une troupe, et le tournage une aventure. Je fantasme peut-être, je ne sais pas. On utilise rarement le mot "épique" dans son sens premier, mais ici c'est celui qui convient le mieux.
Au niveau formel, en revanche, la musique est très classique : on se croirait revenu dans les années 1950. Quant aux cadrages, ils sont moins inspirés. Peut-être les énormes moyens qui ont été conférés à Peckipah lui ont-ils laissé une image moins nette de l'ensemble. Cela dit, puisque la version actuelle fait 2 h quand le director's cut devait en faire 4, on peut se demander si ce jugement est juste.
Il faut voir "Major Dundee" comme une ballade et comme une balade. Car comme film d'action, il est trop irrégulier au niveau du rythme. Mais il a une véritable respiration propre.