Comme dit par le personnage interprété par Emmanuelle Bercot : « personne ne regarde les making of ».
Après avoir vu le film, on pourrait comprendre pourquoi si ces derniers sont à l'image du tournage dépeint par Cédric Kahn: tout y fait tellement plat (on est dans du pur illustratif), cliché (les réunions avec les producteurs, le personnage de Xavier Beauvois...) et à côté de la plaque (la romance lunaire Crépon/Yacoub, les soucis familiaux de Poldalydès) que l'on en en vient à suivre avec un œil relativement désintéressé toutes ces petites mésaventures (« Heart of darkness » est bien loin) et dont le parallèle avec l'histoire du film dans le film (ces ouvriers se battant pour conserver leur usine en autogestion vs l'équipe du film qui tente de boucler le tournage malgré le manque de moyen) est plutôt lourd/maladroit. On en viendrait même à préférer ce faux film à cette chronique douce amère superficielle.
Heureusement que Denis Podalydès et Jonathan Cohen, malgré des personnages peu passionnants et pas toujours crédibles, font correctement le job.
Le cinéma et la manière de le fabriquer a toujours été un terreau formidable (je me considère même comme un gros vendu lorsqu'on commence à évoquer le 7ème art).
Sur un sujet proche « Ed Wood » ou « La Nuit Amérinaine » ont quand même autre ampleur. Mais ce qui manque à ce « Making-of » semble avant un vrai de point de vue et de la passion.