Le jour d'après à la française... Long métrage atypique, "Malevil" peut se voir comme une série B "auteurisante" totalement à part dans le paysage cinématographique hexagonal. Point de barbares ringards ici, ni de véhicules futuristes invraisemblables, Christian de Chalonge choisit ici de décrire l'évolution d'une micro communauté survivante à l'holocauste nucléaire.
Adapté du roman de Robert Merle édité en 1972, le réalisateur en a uniquement repris les personnages et le postulat de départ pour nous proposer une reflexion sur le comportement des hommes après leur retour à l'état sauvage. A ce propos, l'auteur tellement mécontent de voir son livre à ce point détourné (le fin étant littéralement différente) a décidé de ne pas voir son nom être associé au film. Une annotation dans le générique mentionne donc une adaptation très libre du roman.
Après la fameuse explosion, un petit groupe de survivants va donc se regrouper autour du maire d'un petit village, promu chef qui va tenter d'organiser le plus efficacement possible la gestion des ressources restantes. Débute alors une habile observation des comportements de l'homme "moderne" dans un environnement primitif.
L'apparition d'un second groupe de survivants avec à leur tête un chef tyrannique se prenant pour l'élu va permettre de dévoiler la véritable nature de ces humains qui considèrent que pour survivre, il ne faut par unir les forces mais éliminer l'autre...
L'homme, même dans les pires circonstances, ne peut s'empecher de rechercher le pouvoir en provoquant d'éternels clivages... Un message que De Chalonge nous fait passer de manière simple et sans artifice grâce à une galerie d'acteurs admirables que l'on attendait pas forcément dans cet univers : Michel Serrault, Jacques Dutronc, Jacques Villeret ou Jean Louis Trintignant...
Les décors apocalyptiques sont quant à eux impressionnants et totalement réussis, apportant une crédibilité supplémentaire au crédit de ce film au rythme certes très lent mais qui s'avère très vite passionnant. Malheureusement, "Malevil" reste aujourd'hui une curiosité injustement oubliée.