C'était fou. C'est un film purement magnétique. Grandrieux confirme l'idée qu'on se fout pas mal de l'intrigue et de la narration. Je ne suis les sûr d'avoir tout compris à qui était qui, tant les enjeux sont maintenus à un strict minimum et je confonds les femmes aussi... Alors ça n'aide pas.


Ce qui compte c'est l'expérience visuelle... L'émotion que cela transmet. Et j'ai été ému !


Tantôt le film est fascinant, tantôt il est absolument terrifiant. Je pense à la fin déjà, c'est absolument dramatique et choquant, ça me fait physiquement mal, surtout le plan sur la chair arrachée avec ce long et sinistre craquement... La scène du début avec les deux infirmières qui lavent un vieux sénile chantant le refrain d'une chanson en boucle avec son corps tout ridé, tout distordu, c'est vraiment terrifiant. Tout le passage dans la forêt qui suit, avec le mec qui étrangle Madeleine, avec cette photographie à tomber... Pareil pour la scène du tournage porno avec la meuf qui hurle nue dans les bois sous la pluie... C'est fou ! Comme Grandrieux arrive à m'attirer pour regarder une succession de trucs aussi horribles.


L'utilisation du numérique est juste parfaite. Tant la combinaison avec la photographie fait ressortir la beauté et l'horreur qui se dégage des corps.


Mais au-delà de l'horreur, je suis aussi bluffé par la pureté de l'amour entre Madeleine et Lenz, Hélène et Lena. Il y a plusieurs scènes de sexe qui dépassent le cadre purement érotique pour être absolument sensuelles. C'est juste touchant de voir deux corps se connecter l'un à l'autre, de voir des larmes sur un visage. C'est pur. Ne serait ce que le moment où Madeleine et Lenz se retrouvent dans la chambre, j'ai versé une larme. De même que pour la scène de la baignoire, je finis par confondre les femmes mais c'était tellement beau, de voir deux amoureux s'amuser.


Depuis que j'ai découvert le cinéma de Dwoskin, je comprends mieux le cinéma de Grandrieux. Que ce soit l'instance de la mise en scène sur les corps, toujours filmés en gros plans, dont on ne montre qu'une partie, qu'une difformité que la caméra et la photographie accentuent. Les expressions du visage des femmes, comme ceux des prostituées de Dyn Amo. Les corps féminins mis à nu, surexposés, découpés, maltraités par la caméra, le malaise qui s'installe, le sadisme et le masochisme, c'est Dwoskin. Grandrieux c'est un peu Dwoskin sans la polio. Et vraiment, ce plan large où le mec attache Hélène, dans une pièce sombre, alors qu'elle est debout et nue, comment ne pas songer à Girl ?


Si pur, si beau. Sans doute, ce film va le hanter.


Adanberos-e
8
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Ces scènes qui me hantent et Cinématographe 2025

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