Tête de gondole des vidéo clubs en son temps, Maniac cop n’est plus tout le petit film d’horreur qu’il était. Si sa dimension de « slasher » est indéniable avec sa succession de crimes par strangulation ou à l’arme blanche, l’ensemble ne se répand pas en hémoglobine. Et la face tailladée du maniaque est le résultat d’un maquillage plutôt grossier qui fait sourire. Cependant il rappelle par bien des aspects ses modèles comme Jason ou Mickaël Myers de par son côté indestructible. Le reste du film se lit pourtant davantage comme un thriller des années 80. William Lustig reprend ses (bonnes) habitudes en brossant le portrait d’une ville de New York en pleine déliquescence, rongée par l’insécurité. Dommage que la folie du maniaque ne suive pas une certaine logique dans le choix de ses victimes, ce qui aurait sûrement donné davantage d’épaisseur à son personnage.
La dimension thriller voire polar de l’ensemble est confortée par un final qui refuse la surenchère horrifique et qui prend le parti-pris d’une longue et belle course-poursuite en bagnole qui rappelle les grandes heures du polar urbain. Aussi, à le revoir aujourd’hui, le film semble avoir complètement changé de genre par rapport à la fin des années 80, ce qui n’est pas un défaut, loin de là. La peinture d’un New York poisseux reste un atout majeur même si elle n’atteint pas celle de Maniac ou de Vigilante. William Lustig a beaucoup moins à dire que dans ces deux films et cela se ressent. C’est dommage qu’il n’exploite pas davantage la thématique de la peur de l’uniforme qu’il ne fait qu’effleurer. En creusant cet aspect, le film aurait gagné en profondeur.
Au lieu de cela, il reste un petit film de divertissement avec un peu d’action et quelques scènes gentiment horrifiques. Cette série B, au final totalement assumée quand on regarde, notamment, la distribution, conforte le spectateur d’aujourd’hui dans cette idée. Ce n’est pas du grand cinoche mais c’est suffisamment bien ficelé pour être totalement distrayant.