Je pensais qu'on en avait fini pour de bon avec Matt Cordell vu la fin de Maniac Cop 2. Eh bien, non. Sur un prétexte complétement fumeux (une cérémonie vaudou) le voilà ramené à la vie.
Pourtant, il aurait mieux valu qu'il reste au fond de son cercueil tant Maniac Cop 3 fait pâle figure à côté de Maniac Cop 2. Le nom d'Alan Smithee au générique laisse augurer du pire. La raison est simple : Lustig ne reconnaît pas la paternité du film en raison de divergences avec la production. Il souhaitait un héros noir et transposer l'action dans le quartier de Harlem. Problème : les Maniac Cop ont cartonné au Japon et comme une partie des capitaux provient de ce pays seul un acteur reconnu comme Robert Davi est à même de les rassurer. Davi rempile, ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose d'ailleurs.
Lustig se retrouve avec un scénario qui n'a plus aucun sens et des producteurs lui imposant des scènes explicatives. Ce qu'il n'avait jamais fait dans ses films. Au total, Maniac Cop 3 ne fait que cinquante minutes et est inexploitable. Le producteur Joel Soisson prend la caméra pour terminer le film une fois Lustig parti. Ce qui donne un troisième épisode ne ressemblant à rien. Sans énergie, sans action, sans meurtre, sans violence. Ou presque. Ces margoulins insèrent même des scènes de Maniac Cop et Maniac Cop 2 pour achever le remplissage et essayer d'atteindre une durée un peu plus respectable.
Désastre total ? Non en partie grâce à la présence de Robert Davi et une course-poursuite finale où Cordell, une fois de plus, se retrouve en flammes. Ça ne m'étonnerait pas qu'elle soit signée William Lustig vu la qualité (en comparaison du reste du long-métrage) ou plus certainement de son coordinateur des cascades Spiro Razatos déjà à l’œuvre dans le 2.
Néanmoins, et c'est ce que Uncle Sam confirmera en 1996, les déboires rencontrés par Lustig marqueront la fin de sa carrière cinématographique. Prise de pouvoir des financiers qui interféreront dans la partie créative des films. Ce n'était pas dans ses habitudes que de se faire apprendre son métier. Lui qui se mettait jusque-là d'accord en amont avec les compagnies sur le scénario, le budget, le casting et c'était réglé. Rendez-vous dans neuf mois. Entre d'un côté des blockbusters et de l'autre des DTV fauchés, il n'avait plus sa place.