Mank
6.3
Mank

Film de David Fincher (2020)

Voir le film

Mank: Génèse oubliée de Citizen Kane

Quelle bonne idée que j'ai de regardé Citizen Kane le jour précédent la sortie!


L'histoire retrace la génèse de Citizen Kane dans le Hollywood des années 1930 revisité à travers le regard d'Herman J. Mankiewicz dit Mank, brillant scénariste alcoolique tentant de boucler à temps le script du premier film du marginal Orson Welles.


Le métrage de Fincher permet de mettre en lumière le travail considérable fourni et imminemment personnel de l'inénarrable scénariste Mank dont l'histoire délivrée s'inspira largement du contexte de l'époque, des personnes côtoyées et des situations qu'il a lui-même vécues.


Ecornant à juste titre de l'impression de l'omnipotence, la démesure et le génie d'Orson Welles dans la paternité de ce film marquant.


Tout d'abord, le travail de reconstitution à l'écran est phénoménal, le noir et blanc apporte une touche d'authenticité agréable et n'est en aucun cas dérangeant.


Ayant vu quasiment les deux métrages à la suite, c'est assez stupéfiant comment Fincher a réussi à capté l'instant d'une époque.


Histoire passionnante à plus d'un égard, elle permet notamment de comprendre les différentes mœurs, courants de pensées, les situations politique et sociétales qui traversaient cette Amérique des années 30 qui surmontaient difficilement les Krach boursier de 1929 tout en regardant d'un œil discret la montée des extrêmes en Europe.


Les personnages, inspiré de vraies personnes, ont de facto plus de consistances, divers aspérités et opinions les rendant plus humains et attachants ce qui renforcent un certain sentiment d'attachement avec eux et une forme d'empathie sur leurs déboires, le réalisateur ne cherchant à pas gommer leurs défauts ou à les rendre cools.


Porté par une prestation habitée de Gary Oldman, dans l'une de ces meilleurs prestations, avec un acting tout en justesse de l'ensemble du casting (mention spécial à Amanda Seyfried et Lily Collins), nous nous retrouvons transporté par cette histoire captivante et emplie d'émotions.


Un soin particulier à l'image, aux décors, costumes, personnages avec de réels aspérité (sans pour autant les mettre au pinacle de la coolitude) encré dans un contexte servant à expliciter le propos sous l'égide d'une histoire ayant une ligne directrice, voilà en somme ce qu'aurait du être Once upon a time in Hollywood et ce que personnellement j'attends d'un métrage.


C'est un métrage inspirant, avec une narration très bien rythmée où je n'ai absolument pas vu le temps passé (contrairement à celui de Tarantino) et dont au final je sors grandis et enjoué.


C'est très clairement un candidat aux Oscars et je suis certain que beaucoup de personnes doivent regretter de ne pas l'avoir découvert en salle.


A découvrir (même sans forcément avoir vu Citizen Kane).

Créée

le 4 déc. 2020

Critique lue 183 fois

lugdunum91

Écrit par

Critique lue 183 fois

2

D'autres avis sur Mank

Mank

Mank

5

Ketchoup

59 critiques

Mank a gagné?

Le mérite du film, c'est de nous dire que Citizen Kane (1941) a été écrit en majeure partie par Herman Mankiewicz et non pas par Orson Welles. Ils reçurent ensemble l'Oscar du meilleur scénario...

le 5 déc. 2020

Mank

Mank

7

Vincent-Ruozzi

310 critiques

Le singe joueur d'orgue de Barbarie

Plus de six ans sont passés depuis Gone Girl, dernier long-métrage en date de David Fincher. Loin d'avoir été inactif durant cette période en produisant et réalisant plusieurs épisodes de la série...

le 25 déc. 2020

Mank

Mank

5

Moizi

2572 critiques

Demain je t'aurai oublié

Ma première déception chez Fincher, clairement à aucun moment je ne suis vraiment rentré dans le film, à aucun moment le film n'a inspiré autre chose chez moi qu'un ennui poli face à une œuvre qui...

le 5 déc. 2020

Du même critique

Matrix Resurrections

Matrix Resurrections

6

lugdunum91

628 critiques

Matrix 4: Résurrection compliquée

150eme film de l'année 2021 et découverte de cet énième saga qui a décidé de renaitre de ces cendres, le retour malgré une certaine envie est bien compliquée. Dix-huit ans après les événements de...

le 21 déc. 2021

Frankenstein

Frankenstein

7

lugdunum91

628 critiques

Frankenstein : Le cœur se brise, mais continue de battre

Guillermo del Toro signe avec Frankenstein une relecture à la fois intime et grandiose du mythe du monstre et de son démiurge. Loin des éclairs de laboratoire et des clichés gothiques, il livre ici...

le 8 nov. 2025

Zootopie 2

Zootopie 2

8

lugdunum91

628 critiques

Zootopie 2 : le retour d’un monde qui n’a rien perdu de sa magie

Il est des suites qui prolongent une histoire. Et puis il y a Zootopie 2, qui la déploie comme un éventail irisé, révélant des couleurs qu’on ne soupçonnait même plus, un peu comme si Disney s’était...

le 27 nov. 2025