A New York, un étudiant en Histoire, féru de course à pieds, se retrouve happé malgré lui dans une intrigue où se mêlent des anciens Nazis en fuite, et des espions américains bien troubles. Difficile d'en dire plus sur le récit, si ce n'est que "Marathon Man" est un vrai plaisir à suivre. L'ensemble est brumeux au départ, mais les pièces du puzzle vont peu à peu s'assembler, dans une ambiance paranoïaque de très bel effet, où personne ne semble digne de confiance.

Il faut dire que la mise en scène de John Schlesinger est de haute volée. La tension est permanente d'un bout à l'autre des 125 minutes, très peu de scènes seront tranquilles. Le réalisateur est inventif, exploite régulièrement des recoins urbains sombres, ou des situations en apparence anecdotiques.

Et il y a évidemment cette séquence cauchemardesque de torture buccale, qui a fait largement parler d'elle. La réplique associée et martelée ("Is it safe ?"), la menace qui monte, et finalement, le jeu habile du suggéré qui pénètre notre cerveau. La rumeur raconte que la première version du film était très graphique, montrant des détails de cette torture, mais que ceux-ci furent coupés suite aux premières projections tests. J'aurais aimé voire cette version plus crue par curiosité, toujours est-il qu'en l'état cela fonctionne parfaitement.

"Marathon Man", c'est aussi la rencontre entre deux comédiens au sommet, aux méthodes opposées. Laurence Olivier, acteur classique, excelle en Nazi cruel et méticuleux. L'ironie étant que 2 ans plus tard il incarnera un chasseur de Nazis à l'écran ! Dustin Hoffman, formé à l'Actors Studio et acteur méthodique, est très convaincant en étudiant sportif largué, malgré ses 40 ans (!) dans la vraie vie. A leurs côté, Roy Scheider et William Devane en agents secrets qui fricotent avec les mauvaises personnes.

Au passage, en revoyant le film dans une copie restaurée, je me suis aperçu qu'il est en réalité plus que suggéré dès le départ que ces deux derniers personnages sont amants (!). Une réplique au téléphone de Doc (Scheider) à Janeway (Devane) s'avérant étonnement directe. Quand le second caresse le bras du premier de manière lascive quand il est blessé. Et ce n'est pas moi qui divague, après vérifications le roman est explicite sur ce point. Cela explique des éléments scénaristiques que j'avais trouvé un peu étrange au premier visionnage.

Il y a également quelques bons petits seconds rôles : le Français Jacques Marin, souvent engagé dans les films anglophones, Richard Bright, connu pour sa participation à la trilogie "Godfather", ou Marc Lawrence et sa tête de gangster. Je suis un peu plus mesuré sur le rôle légèrement gratuit de Marthe Keller, toutefois l'actrice apporte une sensualité bienvenue.

Enfin, au delà de constituer un thriller diablement efficace et ultra-paranoïaque, "Marathon Man" a aussi un vrai fond. Evoquant la traque des criminels nazis, encore en cours à l'époque, mais également des périodes sombres américaines, telles que le Macarthysme qui aura son petit rôle dans l'intrigue.

Du tout bon !

Redzing
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleurs films d'espionnage, Les meilleurs films de 1976 et Les meilleurs films des années 1970

Créée

le 18 juil. 2020

Modifiée

le 31 juil. 2026

Critique lue 79 fois

Redzing

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5
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