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The walking deads
Marche ou Crève a acquis avec les années la réputation d'oeuvre inadaptable. Pensez donc : même le grand Frank Darabont, pourtant président du Stephen King's fan club, s'y est cassé les dents.De...
le 2 oct. 2025
Voilà un film de genre à concept qui se résume en trois mots : avancer ou crever. Et c’est le meilleur argument promotionnel du long métrage ! Le pitch est relativement simple : dans un futur proche dystopique (la population mondiale crève la dalle et vit de misère à la suite d’une « Grande Guerre »), l’espoir de la population est maintenu à flot grâce à la télévision, et en particulier grâce au célèbre jeu « La Longue Marche », suivie par le pays tout entier (les US, of course).
Le jeune Garraty est l’un des 50 participants (un par Etat) à ce jeu, qui consiste à marcher à allure constante de 5km/h le long d’une route. Pas de ligne d’arrivée : le but est de tenir le plus longtemps et d’être littéralement le dernier debout. Si un concurrent tombe, ralenti la cadence ou s’écarte de la route, il reçoit un avertissement. Au 3e avertissement, il est achevé par les militaires qui escortent le convoi. Mais alors pourquoi des jeunes s’inscrivent à ce concours (et on nous dit qu’ils sont des milliers) ? Pour le fric bien sûr, la colossale récompense qui met le candidat et sa famille à l’abri des soucis pour le reste de leur vie. Et également pour un vœu, quel qu’il soit, qui sera exaucé en cas de victoire. 1 chance / 50 de survie, mais un bonheur éternel ensuite.
Les adaptations des bouquins de Stephen King sont légion au cinéma. Rien que pour cette année, on peut citer The Monkey en février, et Life of Chuck en juin. Il y aura également sous quelques semaines le très attendu Running Man (mi-novembre).
Evidemment, les premiers kilomètres sont une balade de santé et servent à présenter les personnages. Il y a les fanfarons, les égocentriques narcissiques et les bienveillants amis fraternels, les fameux Mousquetaires. Les premiers morts mettent le petit groupe dans le bain : la dure réalité rattrape nos insouciants compagnons. Le film fait d’ailleurs maladroitement planer le suspens quant au sort réservé aux perdants. On parle de « prendre un ticket », mais à aucun moment lors de l’énumération des règles, la destinée des vaincus n’est évoquée. Cependant, sauf si on voit le film en séance à l’aveugle (rendez-nous les cinexpériences SC !!), on a pris un ticket de cinéma pour Marche ou Crève : le doute n’est pas vraiment permis (d’autant que le film est interdit au -16 : on n'offrira pas des fleurs aux perdants).
Si l’on adhère au concept et qu’on est amateur de genre, on passera un agréable et divertissant moment. Toutefois, trois soucis m’ont gêné.
Tout d’abord l’aspect répétitif du film : sur les 1h50 du long métrage, nous avons 1h40 de marche. C’est sympa mais on tourne vite en rond, les premier / deuxième / troisième-et-dernier avertissements se font monotones, et les rebondissements successifs n’arrivent pas à créer assez de nouveauté. Une fois qu’on a saisi le concept, on sombre un peu dans l’ennui.
Second souci : on devine trop aisément la fin. Dès le premier tiers du métrage, j’avais deviné le sort réservé à notre jeune Garraty et son nouveau pote Peter McVries.
Et enfin troisième problème, l’aspect télévisuel de la Longue Marche : on nous explique qu’il s’agit d’un jeu méga-populaire, suivi par la planète entière – ou tout du moins les Etats-Unis – mais à part une petite caméra fixée sur un tank (qui suit d’ailleurs à distance les marcheurs) rien n’est enregistré, nada. Pas de caméraman, pas de micros pour capter les derniers instants des concurrents. Pas non plus de public sur le bord de la route (à l’exception de la scène finale, mais qui fait franchement assez cheap de ce côté-là) pour soutenir nos marcheurs, façon Tour de France. Bref, on n’y croit pas beaucoup.
Il est intéressant de noter que le réalisateur de ce Marche ou Crève, Francis Lawrence, n’est autre que le cinéaste de la saga Hunger Games : le monsieur en connaît portant un rayon en science-fiction dystopique. La comparaison avec Running Man en novembre me semble intéressante. Sur le papier, les deux projets sont extrêmement proches : deux adaptations de Stephen King, réalisés par des pointures (Running Man est signé Edgar Wright, cinéaste de Baby Driver et de la trilogie Cornetto), deux films d’anticipation basés sur un futur proche où l’humanité est plongée dans la misère, et portant sur des jeux télévisés comme ultime moyen de la classe dirigeante pour tenir la populace sagement en place. D’un côté une marche où s’arrêter signifie la mort, de l’autre une traque géante de 30 jours, mortelle elle aussi. Pourtant, les partis pris cinématographiques sont opposés. Marche ou Crève est réalisé dans une économie de moyens, où la violence est froide, réaliste et implacable. Running Man est au contraire le projet de la démesure, au rythme effréné, avec un Glen Powell en pleine forme et des scènes d’action chiadées. Deux styles qui, chacun dans leur genre, font plaisir à voir !
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le 3 oct. 2025
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