Running Man
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Running Man

Film de Edgar Wright (2025)

Quel plaisir de retrouver Edgar Wright dans un univers dystopique aussi barré ! On savait que l’adaptation de Running Man était l’un des projets majeurs du réalisateur, qui lui tenait particulièrement à cœur, et ce depuis de nombreuses années. Le résultat, à mi-chemin entre 1984 et Hunger Games, est époustouflant et assez jubilatoire !

Running Man avait déjà été adapté au cinéma en 1987 par Paul Michael Glaser (avec Schwarzy dans le rôle-titre). Ce premier cru prenait cependant de grandes libertés avec son matériel source, le bouquin de Stephen King. Pour cette version 2025, il est plus correct de parler de nouvelle adaptation du roman d’origine, plutôt que de remake du film de 87. A noter, pour le petit clin d’œil, que c’est la tête d’Arnold Schwarzenegger qui apparaît sur la monnaie utilisée dans le film.

C’est d’ailleurs la quatrième (et dernière) adaptation d’un bouquin de Stephen King cette année, après The Monkey en février, Life of Chuck en juin et plus récemment Marche ou crève, sorti début octobre. C’est également – de très loin – le projet le plus ambitieux, le budget du long métrage étant estimé à 110 millions de dollars.

Edgar Wright s’est fait une place de choix au sein du petit groupe des réalisateurs hollywoodiens, grâce notamment au petit bijou Baby Driver en 2017 (3 nominations aux Oscars), à la fameuse trilogie Cornetto (Shaun of the Dead en 2004, Hot Fuzz en 2007 et Le Dernier Pub avant la fin de monde en 2013, trois parodies de films d’horreur ou d’action ; le nom « Trilogie Cornetto » faisant référence aux personnages des trois films achetant, à un moment ou à un autre, des glaces Cornetto), et plus récemment avec Last Night in Soho, sorti post-confinement, en 2021.

Running Man prend place dans un future proche (en 2025 dans le roman de King) où les Etats-Unis ont basculé dans la dictature. Jusque-là, pas si SF que ça me direz vous. Les riches classes dirigeantes se sont regroupées dans des zones hautement sécurisées, et le reste de la population vit dans la misère la plus totale. La télévision est devenue une arme de propagande massive : une unique chaîne, et interdiction d’éteindre les écrans (ce qui n’est pas sans rappeler les Télécrans du roman de George Orwell1984). Pour éviter toute rébellion de la part du bas peuple, la caste au pouvoir diffuse de manière quasi continue des jeux télévisés pervers et violents, dont le plus connu s’appelle « La Grande Traque ». Son principe est simple : durant 30 jours, les candidats sont traqués par des « chasseurs » qui cherchent à les éliminer. Chaque jour passé en vie rapporte une somme substantielle de Nouveaux Dollars au candidat (à condition qu’il envoie une vidéo quotidienne qui sera diffusée à l’émission du soir). Bien sûr, n'importe qui peut dénoncer le running man, et touche ainsi une récompense. S’il arrive à survivre un mois complet, le prétendant est couvert d’or : sa famille et lui-même sont à l’abris du besoin pour le reste de leur vie. Seulement voilà, personne n’a jamais réussi à gagner le jeu.

Notre héros se nomme Ben Richards, son caractère bien trempé l’a fait virer de chaque boulot qu’il a décroché, pour motif d’insubordination. Il est désespéré, d’autant plus que sa petite fille de quelques mois est gravement malade. Le "Running Man" semble être la seule option possible.

Ben est interprété par l’excellent et athlétique Glen Powell, que l’on a pu voir notamment dans Top Gun Maverick, dans Hit Man, ou plus récemment dans Twisters. L’acteur est ici en grande forme, et mesdames vous pourrez le découvrir sous presque toutes ses coutures !

La mise en scène de Running Man est vraiment chouette. J’ai trouvé le monde dystopique très bien rendu (ça m’a fait penser à Chien 51 et sa représentation d’un Paris de caste), le rythme est soutenu – musclé pourrions nous dire – et les scènes d’action assez réjouissantes. Là où le roman de Stephen King est très sombre et pessimiste, Edgar Wright apporte une petite touche d’humour complètement bienvenue.

On sent tout l’amour du réalisateur pour le travail de King. L’adaptation est en effet extrêmement fidèle.

Bien sûr, la fin est légèrement différente. Dans le bouquin de King, l’avion piloté par Ben Richards s’écrase sur le gratte-ciel des Jeux. Evidemment, dans un monde post 11 septembre, il n’est plus possible d’envoyer un avion sur un tour, d’autant plus quand l’histoire se passe aux Etats-Unis. J’ai pour ma part trouvé le choix scénaristique du final très sympa.

Sous ses airs de film d’action humoristique, Running Man cache une dénonciation des travers actuels de notre société. Le film d’Edgar Wright est assez jouissif, sans prise de tête : il faut bien avouer qu’on ne boude pas son plaisir. En somme c’est tout ce dont on a besoin en ce moment !

Créée

le 12 nov. 2025

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D. Styx

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