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le 12 avr. 2013
SuivreSoudain le gouffre.
On dit souvent que l'on écrit en priorité sur ce que l'on connait. Pour son premier film, J.C. Chandor prend cette maxime à la lettre, reproduisant à l'écran un monde qu'il connait bien (son père a...
Ah Margin Call et moi, nous avons longuement joué à cache-cache.
Au jeu du je veux te voir, attends pas aujourd'hui, plutôt à la prochaine séance. Oh et puis tant pis je te verrais sur ma télé ou sur l'ecran de home cinéma dont je rêve éveillé en surfant sur un site spécialisé... Tiens faudrait que je questionne Guyness à ce sujet, tiens...
Et puis je voulais voir un film, mais ni l'enterrement de mémé, ni les femmes du bus machin chouette...
Deux mois que tu étais à l'affiche, je me dis qu'une semaine de plus ce serait un délit, alors je me suis résolu à venir te voir, parce qu'au fond de moi j'en avais besoin.
Tu sais les films comme the company men ça me branche plus tant que ça, ne serait ce qu'en matant la bande annonce je sens le pathos qui déborde et qui en fout partout au point d'entacher ma bonne humeur, alors je vote contre sans même me déplacer. Par contre un film froid qui refuse de donner dans la leçon de morale trop surlignée en vert fluo (ou une autre couleur fluo si tu veux hein), je me dis que ça me mettra de bonne humeur, peut être pas autant qu'un disque des Trois Accords, mais à un niveau acceptable.
Je me trompe de temps à autre, mais je n'aime pas trop le crier sur tous les toits...
Bon avec Margin Call je ne me suis pas trompé.
Certes on a la vague impression que rien ne nous surprend dans ce film, que sans avoir lu le Capital, il y avait longtemps que l'on avait pigé, mais on y trouve surtout quelque chose de fascinant.
Oui, je l'avoue, l'argent me fascine, toutes ces sommes virtuelles ont une attraction inévitable pour moi, car on parle de sommes astronomiques, et nous voilà alors propulsé dans l'espace intersidéral des marchés financiers où les échelles de grandeurs sont modifiées, où nous nous contemplons, nous péquin moyen moins, pas pauvres, mais pas riche pour autant, un peu sur le fil en début ou en fin de mois.
Nous ou seulement moi, si tu veux encore t'exclure de mes généralisations sans scrupules.
Moi, disais-je, consommateur lambda, bien conscient que mon argent vogue déjà vers d'autres mers chaudes au moment où je te parle. Moi qui au fond, cautionne ce système que je fais mine de réprouver de temps à autre pour faire comme si je n'avais pas perdu mes idéaux politiques, parce que je trouve ce système plus confortable que si je devais réellement me sortir les doigts du cul pour cultiver mes patates et bêcher ma parcelle de terreau...
Dans l'acceptation passive du système qui fonctionne sans nous, et peut être même sans eux finalement, enfin sans ceux qui en tire le plus de profits, mais qui en tant de crise savent prendre les décisions qui s'imposent pour se maintenir à flot avant que les autres ne coulent...
Ce que l'ont découvre peut être avec Margin Call c'est que plus ont monte haut, moins les cerveaux comprennent la finesse de la chose, qu'il faut leur expliciter les algorithmes en français dans le texte, mais que ceux là savent parler, galvaniser des troupes, prendre les décisions.
Le calme dans la tempête voilà ce que montre Margin Call. Savoir tenir un cap, savoir garder la tête froide et ne pas se laisser guider par son cœur et se rendre à l'évidence, l'argent quand on en a, on s'y habitue très vite et revenir en arrière est très effrayant.
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le 9 oct. 2026
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le 12 avr. 2013
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