Sorti en 2026 et réalisé par Philippe Lacheau, Marsupilami est une comédie franco-belge inspirée du célèbre personnage créé par André Franquin. L’histoire suit David, contraint d’accepter une mission douteuse pour sauver son emploi : transporter un mystérieux colis depuis l’Amérique du Sud. Mais lorsqu’un bébé Marsupilami surgit du paquet, le voyage en croisière vire au chaos pour lui, son ex-compagne, leur fils et un collègue aussi maladroit qu’incontrôlable.
Dans cette suite officieuse du film d’Alain Chabat, le Marsupilami revient sous forme de bébé, entouré de la bande de Philippe Lacheau et de Jamel Debbouze, qui reprend son rôle. Le film adopte le même registre que son prédécesseur, mais avec une efficacité comique nettement supérieure. L’avalanche de gags, pensée pour toute la famille, fonctionne pleinement et provoque une hilarité constante. Le temps de présence du Marsupilami est plus généreux, ce qui renforce la dimension hybride du film. La créature est animée en 3D mais aussi incarnée par une marionnette, un choix réjouissant pour les amateurs d’effets spéciaux traditionnels, et le résultat est particulièrement attachant. Le film multiplie les références à la pop culture, de E.T. à Titanic en passant par Dragon Ball Z, avec une énergie communicative. L’humour, très rodé et parfois répétitif, reste pourtant d’une efficacité redoutable. Les acteurs jouent avant tout pour faire rire, mais parviennent à conserver une certaine crédibilité, notamment le jeune Corentin Guillot, dont la relation avec le Marsupilami apporte une vraie tendresse au récit. Jamel Debbouze, plus nuancé qu’à l’accoutumée, retrouve ici une présence sympathique et rafraîchissante. Les seconds rôles s’en sortent sans lourdeur, malgré une prestation plus anecdotique de Reem Kherici.
Le film utilise toutefois le Marsupilami comme simple prétexte à une comédie, sans véritable lien avec l’univers d’origine. L’œuvre d’André Franquin est une nouvelle fois malmenée, et les amateurs de la bande dessinée risquent de ne pas se reconnaître dans cette adaptation qui projette le personnage dans un contexte sans rapport avec celui de Spirou et Fantasio. Comme dans le film de 2012, le Marsupilami apparaît presque interchangeable, simple mascotte comique au service de la bande à Fifi. Le collectif reste très drôle, mais aussi terriblement peu respectueux de la propriété intellectuelle qu’il adapte.
Malgré une intention discutable et une fidélité toute relative à l’œuvre originale, Marsupilami s’impose comme une comédie extrêmement efficace, portée par un rythme soutenu et un sens du gag qui fonctionne à plein régime. L’hilarité collective, notamment en salle, fait partie intégrante de l’expérience. Le film remplit parfaitement sa mission de divertissement populaire et offre un moment de franche détente, prouvant qu’une comédie bien huilée peut encore rassembler petits et grands. Un spectacle généreux, drôle et revigorant.