L’abatage médiatique autour de ce film est du jamais vu. C’est un jeu juteux mais dangereux… car cela élève les attentes.
La première heure de ce film est top. Lancée magnifiquement par Forever Young d’Alphaville. Délicieux.
Josh Safdie nous amène dans le NY juif des années 50. C’est sale, c’est brut, c’est du gangster, c’est du Scorsese, c’est très réussi.
Puis on part pour Londres, on y découvre un sport : le ping-pong… très difficile à filmer (moyennement réussi.. post prod grossière) mais les "à côté" sont intéressants et excitants, portés par un excellent Chalamet.
D’ailleurs tout les acteurs sont brillants, avec une mention spéciale pour Taylor The Creator -dont le talent n’est plus à prouver- mais encore trop rare dans cet exercice.
Bref c’est esthétiquement réfléchi, avec une belle photo, une bande son 80’s anachronique qui fonctionne. L’enveloppe est séduisante.
Ensuite ça se gâte. Le film devient un thriller halletant, certes, mais tombe dans une boucle de désespoir et de cynisme sans progression. Le personnage devient détestable, égoïste, arrogant. Ce qui n’est cinématographiquement pas un problème, mais dont rien ne ressort… et la larme de repenti finale (plutôt malin) ne rattrape pas vraiment le portait dépeint.
Le film est vidé de toute philosophie et de tout cœur.
Il échoue en tant que drame sportif car il ne comprend ni l'effort, ni l'échec, ni la grâce. Bref il ne comprend pas le sport.
Il échoue en tant que drame moral car il n'ose jamais juger son personnage.
Et il échoue en tant que film tout court : l’œuvre ne transmet aucune émotion, ni aucun réel relief malgré l’abattage technique.
Dommage.