Bon, je vais encore passer pour la rabat-joie đ
Mais je nâai vraiment pas Ă©tĂ© convaincue par Marty Supreme.
DĂ©jĂ parce que je mâattendais Ă un vrai film de sport. Quelque chose de physique, dâorganique, centrĂ© sur la performance, lâentraĂźnement, la tension de la compĂ©tition. Jâavais envie de sueur, de doutes, de dĂ©passement. Et au final, jâai eu lâimpression dâassister Ă une sorte de conte de fĂ©e (la mĂȘme trame qu'on nous a appris en primaire) : une quĂȘte, un Ă©lĂ©ment perturbateur (enfin plutot 1000 Ă©lĂ©ments perturbateurs ici), une succession dâĂ©preuves, puis une âsolutionâ qui arrive presque comme une morale Ă la fin. Ăa mâa sortie du film.
TimothĂ©e Chalamet, en revanche, est super bon. Il a ce mĂ©lange de fragilitĂ© et dâassurance qui fonctionne trĂšs bien. Il donne de lâĂ©paisseur Ă Marty, mĂȘme quand le scĂ©nario ne lâaide pas forcĂ©ment. Mais ce qui mâa vraiment agacĂ©e, câest lâimpunitĂ© du personnage. Marty accumule les erreurs, manipule, ment, dĂ©passe les limites et rien ne semble jamais avoir de vĂ©ritables consĂ©quences. Je ne sais pas si câest un choix assumĂ© du rĂ©alisateur, mais moi ça mâa complĂštement dĂ©crochĂ©e. Jâavais peut-ĂȘtre besoin que le rĂ©el le rattrape Ă un moment.
Comme pour Gourou, jâai trouvĂ© ça trĂšs tirĂ© par les cheveux (j'en parle parce que je viens d'en finir la critique, et j'ai le mĂȘme sentiment). On sent la volontĂ© de raconter quelque chose de plus grand que le simple rĂ©cit sportif, de parler dâambition, de rĂ©ussite, peut-ĂȘtre mĂȘme dâAmĂ©rique. Mais Ă force dâen rajouter, le film perd en crĂ©dibilitĂ©.
Et puis il y a cette relation avec Kay Stone. Jâai eu lâimpression quâelle nâapportait rien. Ăa mâagaaaaaaaaace toujours ces histoires âdâamourâ insĂ©rĂ©es presque par rĂ©flexe, comme si un film ne pouvait pas exister sans ça. Si le film voulait sâĂ©loigner du sport pour explorer autre chose, jâaurais prĂ©fĂ©rĂ© quâon creuse davantage la relation de Marty avec sa mĂšre, par exemple. LĂ , on effleure plein de choses, sans jamais vraiment les approfondir.
Au final, je crois que ma dĂ©ception vient surtout de lâattente. Je pensais voir un grand film de sport. Jâai vu une fable un peu trop fabriquĂ©e, un rĂ©cit ambitieux mais qui, pour moi, manque dâancrage et de consĂ©quences. Et ça mâa laissĂ©e Ă distance.