Marty Supreme, c’est exactement ça — on arrive sans attente, un peu méfiant face au matraquage médiatique, et on repart avec le sentiment d’avoir vu quelque chose d’énergique et de bien tenu.
Safdie filme avec une nervosité permanente — montage serré, caméra proche des visages, New York des années 50 restitué avec un vrai soin. C’est dense, parfois épuisant, mais rarement creux. Les scènes de ping-pong sont étonnamment bien exécutées pour un sport qui n’a rien d’évident à l’écran.
Et Chalamet est la vraie surprise. Pas le jeune premier charismatique qu’on attendait — il joue un type agaçant, égomaniaque, pas franchement sympathique, et il le fait vraiment bien. On s’attache malgré tout, ce qui n’était pas gagné.
La limite, c’est la longueur. 2h30 avec ce niveau d’intensité, ça fatigue. Certains personnages secondaires sont trop vite expédiés, et le film aurait gagné à respirer un peu plus.
Mais pour un film qu’on ne voyait pas venir, c’est une belle surprise.