Un Petit Truc en Plus est un phénomène de société avant d’être un film. Le bouche-à-oreille, les larmes en salle, les records au box-office français — tout ça dit quelque chose sur le besoin du public de voir représenté ce qu’on montre si rarement. Et c’est un mérite réel.
Mais honnêtement, le film en lui-même est modeste. La réalisation d’Artus est fonctionnelle — propre, sans risque, sans signature particulière. L’histoire est prévisible, les ressorts comiques souvent téléphonés, et le tout aurait effectivement trouvé sa place sur M6 un dimanche soir sans que personne ne s’en offusque.
Ce qui sauve le film et lui donne sa vraie valeur, c’est l’évidence des acteurs en situation de handicap. Leur présence à l’écran est d’une authenticité que rien ne peut simuler — ils apportent une vérité, une spontanéité et parfois une drôlerie absolument désarmantes. Ce sont eux le vrai film. Ce sont eux qui font monter les larmes, pas le scénario.
Artus a eu le mérite de leur donner cette place et de le faire avec respect et affection sincère. C’est indéniable.
Un film qu’on est content de voir exister, même si le cinéma y est secondaire.