Un film assez déjanté sur un homme ambitieux et hyperactif que rien ne semble pouvoir arrêter.
Dans les années cinquante, Marty Mauser (Timothée Chalamet) est un prodigieux joueur de tennis de table. Qualifié pour une importante compétition internationale de ce sport, qui se déroulera à Londres, l'athlète va tout mettre en œuvre pour rassembler les fonds nécessaires à son déplacement en Grande-Bretagne, puis pour les autres tournois mondiaux qui lui permettront de réaliser son rêve absolu : devenir le meilleur pongiste au monde. Mais ses problèmes d'argent, combinés à ses magouilles et à ses soucis sentimentaux, ne cesseront de peser sur la poursuite de son objectif.
Réalisé par le metteur en scène américain Josh Safdie, qui signe ici son deuxième long métrage, "Marty Supreme" est une œuvre cinématographique qui ne semble, dans son rythme scénique, posséder aucun temps mort. En effet, les scènes s'enchaînent à toute vitesse et peuvent créer chez le spectateur une impression d'étourdissement. Mais paradoxalement, celles et ceux qui visionnent le métrage ont une chance plus que réelle de ne pas connaître l'ennui.
Dans les États-Unis de l'époque Truman, il y avait nécessairement un gros travail à fournir au niveau des costumes. Et le costumier Miyako Belizzi, dans ce projet, s'en est brillamment tiré. Nous plonger dans une autre époque, vestimentairement parlant, est loin d'être une mince affaire.
Le scénario quant à lui est bien ficelé dans son ensemble. Même si quelques petites incohérences et facilités scénaristiques gâchent un peu la fête. Mais cela est loin de gâcher le récit qui demeure plus que correct.
Niveau jeu d'acteur, tout le casting du long-métrage a signé une prestation de haut vol. Avec une mention spéciale pour le New-Yorkais Timothée Chalamet. Extrêmement impliqué dans son personnage aussi énergique, arrogant qu'ambitieux. Le travail effectué sur plusieurs années par l'acteur principal quant à l'apprentissage du tennis de table est un exemple concret de son niveau d'investissement. Et participe de surcroît au bon rendement de "Marty Supreme" par rapport aux superbes séquences des matchs de ping-pong exposés dans le film.
À mon sens, au vu de la qualité certaine de cette œuvre dramatique, ce dernier aurait mérité au moins une récompense aux Oscars. Mais le jury en a décidé autrement. Ce ne sera ni le premier, ni le dernier métrage à se retrouver dans ce type de situation.
Mais bon, les pragmatiques savent qu'une œuvre filmique n'a pas besoin de récompense pour marquer les mémoires et les cœurs des spectateurs, loin de là.