Marty (Chalamet) veut devenir champion du monde de ping-pong, sport naissant et pas encore très populaire aux États-Unis. Grace à son bagout il va réussir à se faire un peu sponsoriser pour concourir dans des compétitions internationales, se faire loger dans un hôtel de luxe, et même séduire une star du cinéma, tout en tentant de soutirer de l'argent à son mari. Fort de ses premiers succès (et avant des revers encore plus impressionnants) il délaisse sa maîtresse, peut-être enceinte de lui, sa mère, sa famille et tout ce qui le sert pas et le ramène à son quartier et sa condition de prolétaire. Bref un petit con qui joue uniquement pour lui.
Biopic grandiloquent à l'américaine oscillant entre drame, comédie, road-movie etc., le film passe néanmoins à coté de la véritable psychologie du personnage, quid de ses origines sociales, de son père absent de sa relation cheloue avec sa mère, de son égoïsme et de son ambition ? On ne saura pas donc on ne trouvera pas d'excuse dans le parcours puéril et prétentieux de ce personnage guidé par une ambition sans sens, qui reflète peut-être la mentalité du rêve étasunien. D'ailleurs le film appuie sans cesse que le pays de l'oncle SAM semble ne pas se satisfaire d'avoir balancé des bombes H sur le Japon, il faudrait maintenant qu'il soit plus fort au ping-pong. Lunaire.
Reste que c'est bien joué, bien filmé et bien rythmé même si c'est très long. Quitte à avoir un biopic bien ricain sur une star sportive, on préférera largement le "Moi Tonya" sur la patineuse Tonya Harding, bien plus drôle et juste socialement. En plus le ping-pong est mal filmé.